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Roselyne
Bachelot, ministre de la santé et des sports, a annulé les Etats
généraux de la bioéthique, prévus à la rentrée, sans fournir
d’explications. Xavier Bertrand, son prédécesseur, avait prévu
d’organiser des débats sur ce sujet avant la révision de la loi de
bioéthique de 2004, prévue en 2009. L’Agence de biomédecine aurait dû
être le maître d’œuvre de ce projet qui devait réunir des médecins, des
philosophes, des psychologues ainsi que des associations de patients. Il
n’est pas impossible que Valérie Pécresse, aujourd’hui ministre de
l’enseignement supérieur et de la recherche, reprenne à son compte ce
projet.
Rappelons qu’en 2009, les débats
porteront principalement sur deux sujets. D’une part, l’élargissement de
la procréation médicalement assistée aux couples qui ne seraient pas
uniquement constitués "d’un homme et d’une femme en âge de procréer".
D’autre part, la recherche sur les embryons humains créés à cette seule
fin, thème qui renvoie inévitablement à la définition du début de la vie
humaine, au statut de l’embryon et, de façon plus générale, au concept de
transcendance.
Les avancées scientifiques en
matière de reproduction ont bouleversé la donne biologique. Désormais,
il est possible de traiter des stérilités considérées jusqu’alors comme
une fatalité. Ces nouvelles connaissances ont conduit l’Eglise
catholique à se positionner et à condamner la manipulation des gamètes,
la fécondation in vitro, le tri des embryons et, plus généralement,
la réification de l’embryon humain. Les responsables catholiques
seraient les seuls, au sein des religions monothéistes, à se prononcer
ainsi. Si les responsables catholiques ne souhaitent pas se constituer
en groupe de pression, il n’en n’est pas de même des responsables
scientifiques et pharmaceutiques qui militent pour faire connaître leurs
positions. Ainsi, depuis peu, des biologistes européens réclament que
les législateurs allemands et italiens reviennent sur les interdictions
en vigueur dans leurs pays concernant la recherche sur l’embryon. |