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En
2004, le professeur sud-coréen Hwang Woo-suk et son équipe affirmaient,
dans la revue Science, qu’ils avaient conçu des embryons humains à
partir de la technique du clonage. Ils ajoutaient avoir créé, à partir
d’un embryon cloné, une lignée de cellules souches embryonnaires. L’annonce avait alors fait sensation avant qu’un comité d’experts
conclut à une fraude et que le scientifique démissionne de son poste.
Or, selon la nouvelle analyse des
travaux du professeur sud-coréen conduite par les docteurs Kitai Kim et
George Q. Daley, de Boston, la lignée cellulaire produite par l’équipe
de Séoul serait issue de la parthénogenèse d’un ovocyte entier. Ce
processus, qui permet d’obtenir la reproduction à partir d’un gamète
femelle non fécondé, existe chez les végétaux, les reptiles et les
insectes, mais pas chez les mammifères. Toutefois, on peut, dans
certaines conditions de stimulation des ovocytes, obtenir un début de
développement parthénogénétique, mais les "embryons" ainsi créés ne sont
pas viables. "Nous savons désormais que les cellules souches dérivées
prétendument d’un embryon humain cloné par Hwang Woo-suk provenaient en
fait d’un ovule de la femme qui l’avait donné", précise le docteur
Daley.
Les conclusions de ces experts ont
été publiées dans la revue Cell Stem Cell du 2 août. Les auteurs
de ce travail rétrospectif expliquent avoir mis au point une technique
leur permettant de disposer d’une signature génétique donnant l’origine
exacte des lignées de cellules souches. Hwang Woo-suk serait donc
parvenu à obtenir, à son insu, des cellules souches par parthénogenèse à
partir des ovules utilisés pour le clonage.
[Recombination
Signatures Distinguish Embryonic Stem Cells Derived by Parthenogenesis
and Somatic Cell Nuclear Transfer -
Kitai Kim, Kitwa Ng, Peter J. Rugg-Gunn,
Jae-Hung Shieh, Oktay Kirak, Rudolf Jaenisch, Teruhiko Wakayama, Malcolm
A. Moore, Roger A. Pedersen, and George Q. Daley] |