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Le
Pèlerin publie "les confidences" de Jean-Philippe Legros,
psychologue de la maternité de l'hôpital
Cochin-Saint-Vincent-de-Paul (Paris), sur l'interruption médicale de
grossesse (IMG). Autorisée par la loi, une IMG peut être pratiquée
jusqu'au neuvième mois, en cas d'anomalie grave dépistée chez
l'enfant.
La manière
qu'a le médecin d'annoncer la présence d'un handicap est bien
souvent révélatrice de la façon dont il perçoit la pathologie. Quant
à la manière dont la femme réagit à cette annonce, il déclare
qu'elle se retrouve souvent seule à décider d'avorter ou non : "c'est
à elle berceau de vie, corps protecteur, d'autoriser la mort à
passer par elle". Décision d'autant plus difficile à prendre que
le diagnostic peut être incertain et qu'il faut donc choisir en "non-connaissance
de cause".
Pour ce
psychologue, il est nécessaire de prendre du temps, avec les
parents, pour essayer de leur faire prendre conscience qu'une IMG "ne
les soustraira pas à toute douleur" mais "qu'elle en fera,
contre toute attente, surgir d'autres".
Il avoue
qu'aujourd'hui les "pathologies de type «handicap mental»"
sont souvent "considérées comme intolérables". "Soyons
francs, c'est nous qui, bien souvent, les estimons incompatibles
avec la vie", ajoute-t-il. Dès lors, une femme qui ose choisir
de laisser vivre son enfant, craint d'être perçue comme une "illuminée"
ou une "mauvaise mère". "Il faut un courage exceptionnel
pour aller à l'encontre d'un mouvement médical et social généralisé
pour qui il est évident que l'interruption médical de grossesse est
la «solution»".
Pourquoi ne pas, plutôt que de les juger, aider ces parents ?
Jean-Philippe
Legros souligne le cas de la trisomie 21 pour lequel le dépistage
est systématique, aboutissant dans la plupart des cas à un
avortement. Cette logique d'éradication nous conduit à oublier "cette
évidence que l'on peut vivre selon d'autres normes", conclut-il. |