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Le
Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du ministère de la santé
vient de publier une étude sur les inégalités sociales de la santé
en France. Ce document est traité dans la presse en parallèle avec
une étude française de décembre dernier, parue dans l'American
Journal of Public Health, qui met en évidence le fait que les
femmes les moins favorisées auraient moins recours au diagnostic de
la trisomie 21.
En se
basant sur le registre parisien des malformations congénitales
incluant 1433 cas de trisomie 21 entre 1983 et 2002, Babak Khoshnood
et l'unité Inserm 149 ont étudié l'influence de la situation
socio-économique sur l'accès au diagnostic prénatal. L'étude montre
que 70 % des bébés porteurs de trisomie 21 sont dépistés avant la
naissance. Le taux de dépistage est variable selon le niveau de vie
: 84 % des femmes "cadres" et 57 % des femmes sans emploi y
ont recours. De même, l'étude révèle que le taux de dépistage varie
en fonction de l'origine ethnique : 73 % des Françaises d'origine
ont recours au dépistage ; 55 % pour celles d'origine d'Afrique du
Nord.
Entre 1983
et 2002, il y a deux fois plus de naissances d'enfants trisomiques
chez les femmes sans profession que chez celles des "catégories
supérieures". D'après cette même enquête, lorsque le diagnostic a
été fait, seules 5, 5 % des femmes poursuivent leur grossesse. Parmi
elles, 11 % ne travaillent pas et 15 à 21 % sont d'origine
africaine".
Les auteurs
de cette étude remarquent qu'il est important aussi de prendre en
compte les valeurs culturelles des couples.
Le journal
Libération commente ces "inégalités sociales de santé en
France en 2006" : cancers, maladies cardio-vasculaires, mal de
dos, naissances des enfants trisomiques. "Les naissances
d'enfants trisomiques ont été plus nombreuses durant la période
1983-2002 au sein des catégories socioprofessionnelles les plus
basses". Et de conclure avec les mots de Martin Hirsch,
président d'Emmaüs France : "Autrefois, la pauvreté tuait
brutalement. Aujourd'hui, elle tue tout aussi sûrement, mais plus
lentement. La réduction des inégalités de santé devrait être la
priorité des politiques de santé".
NDLR :
Est-il utile de rappeler que la
naissance d'un enfant trisomique n'est pas une maladie,
ni n'est assimilable
à un cancer, une
maladie cardio-vasculaire, ou un mal de dos ? |