L'Eglise
catholique a refusé d'accorder à Piergiorgio Welby des funérailles
catholiques parce qu'il avait demandé "publiquement et de façon
répétée sa volonté de mettre fin à sa propre vie" et avait médiatisé
la demande de dépénalisation de l'euthanasie. Cette demande est
contraire à la doctrine catholique car réclamer la mort de façon
consciente et éclairée, "c'est la prétention de se faire soi-même
l'arbitre de la vie et de la mort", estime l'Eglise catholique.
Dans le cas de suicide, les
personnes suicidées peuvent avoir des funérailles catholiques car leur
geste suicidaire correspond à des situations de dépression, de grande
solitude plutôt qu'à leur volonté propre.
P. Welby est paru comme un
malade "sûr et déterminé" demandant publiquement l'euthanasie
pour lui en vue qu'elle soit autorisée au niveau national. L'abbé
Stéphane Seminchx, auteur de l'article, docteur en théologie et en
médecine, se demande si l'instrumentalisation par des groupes de
pression pro-euthanasie de P. Welby et la médiatisation de cette affaire
n'ont pas conduit à donner une image erronée de Piergiorgio Welby.
Quoi qu'il en soit l'image publique d'un homme déterminé à demander
la mort demeure. Pour l'Eglise, accepter des funérailles publiques de P.
Welby devenu symbole de la cause pro-euthanasie, était incohérent par
rapport à ces positions sur l'euthanasie et injuste pour les nombreux
malades qui "refusent et ont refusé de s'ériger en arbitre pour la
vie".
L'abbé Stéphane Seminchx
rappelle qu'en morale, ce n'est pas tant le résultat qui importe mais
l'intention première, le "ce qu'on veut faire". Ainsi un médecin qui
pour soulager la douleur d'un malade lui injecte un produit entraînant,
contre son gré, la mort du patient agit bien sur le plan moral à la
différence de celui qui par le même geste cherche à tuer son patient. |