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Le
thème de la journée de réflexion éthique du Chru de Lille cette année
était "l'acharnement thérapeutique". Comment donner du sens à la
poursuite des traitements chez des patients en fin de vie ? Quel soutien
apporter aux familles, aux équipes soignantes ?
Stéphanie Pierret, infirmière en service de soins intensifs des
malades de l'appareil digestif du Chru de Lille, explique qu'en
situation de fin de vie pour le patient "on poursuivait des
traitements invasifs inutiles et qui pouvaient durer des jours. Nous
étions encore dans du curatif alors que dans notre esprit, nous devions
passer au palliatif. Face à cela plusieurs d'entre nous étaient en
pleine incompréhension". Avec l'aide de l'équipe mobile de soins
palliatifs du Chru, les soignants de ce service ont engagé un travail de
réflexion. "Aujourd'hui, nous faisons la distinction entre soins et
traitement : même si nous ne pouvons plus traiter le patient, nous
devons rester de bons soignants, ce qui permet de valoriser notre
présence auprès du malade".
Plusieurs
participants ont souligné le manque de prise en compte de la souffrance
des soignants. Le travail avec une équipe mobile de soins palliatifs est
souvent nécessaire pour que les soignants changent leurs pratiques
courantes et ne gardent pas des gestes systématiques. Mais le Pr
Jean-Pierre Jouet explique que cette approche ébranle certaines
certitudes chez les soignants : "l'acharnement thérapeutique nous
confronte à nos limites, l'échec de notre médecine et les limites du
pouvoir. En tant que médecins, nous ne sommes pas préparés à cela. Notre
formation nous a appris à guérir (to cure en anglais) plutôt qu'à
prendre soin (to care). Pour un praticien, il est plus simple de
poursuivre un traitement que de l'arrêter". |