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Le
3 septembre dernier, Michelle Bachelet, présidente du Chili, annonçait
la distribution gratuite de la pilule du lendemain (Norlevo) aux jeunes
filles de 14 ans et plus, sans autorisation préalable des parents.
Cette
déclaration a fait scandale. Pour l'évêque Damian Acune c'est "une
incitation à la sexualité irresponsable et un attentat à la vie".
Deux partis politiques de droite ont porté l'affaire devant les
tribunaux et ont obtenu la suspension temporaire de la mesure. A
l'intérieur même de la coalition au pouvoir, des voix se sont levées
contre cette mesure. Soledad Alvear, présidente de la Démocratie
chrétienne, a déclaré : « je ne voudrais pas que mes enfants entament
leur vie sexuelle à 14 ans. Et si ma fille devait prendre la pilule du
lendemain, je voudrais en être avisée ».
Michelle
Bachelet, pédiatre de profession, soutient que la pilule du lendemain
n'est pas abortive mais "anticonceptionnelle" *. Elle explique que cette
mesure est avant tout "démocratique" et qu'elle propose aux
jeunes filles "une alternative qui ne soit ni l'avortement, ni la
grossesse".
Le
politologue Patricio Navia analyse le
contexte politique actuel. Pour lui, la crise actuelle est symptomatique
d'un malaise plus profond : "en définitive, ses six premiers mois
[de présidence de M. Bachelet]
sont assez décevants. La population a
l'impression qu'elle ne remplit pas ses promesses." La distribution
de la pilule du lendemain ne faisait pas partie de son programme
électoral.
* NDLR :
Selon la période du cycle féminin où la
"pilule du lendemain" (Norlévo) est prise, soit elle empêche la
fécondation et a un effet contraceptif, soit, comme le précise la notice
de la pilule, elle a
peut-être aussi une action "anti-nidatoire" et donc un effet abortif. |