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Se
tient actuellement l'université européenne d'été, à Paris VII, sur les
"approches de la différence sexuelle" et la question du "genre". De
nombreux spécialistes internationaux se retrouvent pour confronter leur
point de vue dans ce colloque, intitulé "Guerre et paix des sexes".
La question de la différenciation sexuelle est d'actualité alors
que certains soutiennent que l'on peut s'affranchir du déterminisme
biologique et décider de son identité d'homme ou de femme.
Les "gender
studies" sont nées au début des années 70 en contestation de la
conception naturelle de la différence des sexes. Ces études se sont
développées en théorie, les gender theories, avec la mouvance féminisme
et le militantisme homosexuel. Ainsi la notion de gender s'est opposée à
la notion de sexe. Christine Delphy, théoricienne, militante féministe
et l’une des premières chercheuses en France sur ce sujet, explique : "le
genre, c’est ce que l’on pourrait appeler le sexe social, c’est-à-dire
tout ce qui est social et culturel dans les différences constatées entre
hommes et femmes".
Ces théories se
fondent sur les philosophies matérialistes de la déconstruction où "tout
est culturel, tout est construit" (Jacques Derrida, Michel
Foucault). L'altérité, la différence des sexes, est alors considérée
comme aliénante et doit être contestée et combattue. A ce titre,
l'hétérosexualité est remise en cause, toutes les orientations sexuelles
se valant. L'hétérosexualité ne serait qu'une période de l'histoire de
l'humanité amenée à être dépassée. Ainsi, Judith Butler, professeur de
littérature à Berkeley et figure de proue de la théorie du genre,
appelle à apporter "du trouble dans le genre" (titre d'un de ses
ouvrages) et à repenser l'organisation sociale selon d'autres modèles
homosexuels ou transsexuels.
En présentant
la version française du « Lexique des termes ambigus sur la famille et
les questions éthiques » (cf.
lettre Genethique n°67) qui consacre 35 pages à la théorie du genre,
Tony Anatrella, expliquait "la théorie du genre provoquera davantage
de dégâts que ceux occasionnés par l’idéologie marxiste". Certains
s'inquiètent de l'influence de la théorie du genre sur les décisions des
organismes internationaux comme à la conférence mondiale sur la famille
de Pékin en 1995.
De nombreux
scientifiques récusent la théorie des genres comme l'a rappelé
l'anthropologue Françoise Héritier, professeur honoraire au Collège de
France : "la différence des sexes – à la fois anatomique,
physiologique et fonctionnelle – est à la base de la création de
l’opposition fondamentale qui permet de penser". Jutta Burggraf
explique que "les hommes et les femmes ressentent et réagissent
différemment au monde qui les entoure, et cette réalité a un solide
fondement dans leur constitution biologique propre".
>> Sur ce sujet, lire
également
"Vers un nouveau féminisme" - Lettre Genethique n°80 |