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Annoncé
en juillet (cf. revue de
presse synthèse d'août 2006), le jugement en appel de "l'affaire
Dewier" se tient aujourd'hui devant la Cour d'appel de Lyon.
En juillet
2004, Valérie Dewier, enceinte de sept mois, et son mari, sont victimes
d'un accident de la route. Malgré une césarienne pratiquée en urgence,
leur enfant n'a pas pu être sauvé. Heureusement, l'autopsie a révélé
qu'il avait respiré (cf. revue de presse du 18/05/06). Selon la
jurisprudence de 1998, l'enfant doit en effet être né et avoir respiré
pour être considéré comme une personne. "Sans ce dernier rapport
médical, notre enfant n'aurait pas existé pour le tribunal",
souligne-t-elle.
Le 22 juin, le
tribunal correctionnel de Belley a reconnu coupable d'homicide
involontaire le chauffard et l'a condamné à un an de prison avec sursis
(cf. revue de presse du
23/06/06). Pourtant, "nous avons le sentiment de ne pas avoir été
entendus et que la mort de notre enfant n'a pas été prise en compte",
regrette Valérie Dewier. "Ce bébé nous l'attendions avec tant de
bonheur. C'était l'enfant du miracle. (...) Dans l'espoir d'avoir Naomie,
j'avais subi pendant cinq ans des traitements médicaux lourds sans
succès. (...) Et elle est arrivée, de façon naturelle et
inattendue", rappelle-t-elle. Elle montre du doigt ce "vide
juridique" qui fait qu'aucune protection pénale ne s'attache à
"l'enfant à naître".
Elle a donc
créé, avec son mari, l'association "Pour Naomie" (www.pour-naomie.com)
pour "peser sur les politiques pour changer la loi".
Le combat de
Valérie Dewier entraîne, chez Maya Surduts, secrétaire générale de la
Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la
contraception (CADAC), une "réaction épidermique". D'après
elle, une telle décision "remettrait en cause le droit à l'avortement"
et le "droit des femmes à disposer de leur corps".
Mais, Valérie
Dewier rappelle que militer pour la reconnaissance pénale du fœtus, ne
représente pas une menace à l'avortement : "la loi a fixé un nombre
de semaines au-delà duquel l'avortement n'est plus autorisé. Pourquoi
placer cette barrière dans le temps, si le droit pénal estime que le
fœtus n'est pas un être humain au-delà ?".
[NDLR : cf dossier sur l'homicide
involontaire du fœtus :
http://www.genethique.org/doss_theme/dossiers/homicide_involontaire_foetus/acc_hif.asp] |