Le
livre "On tue les vieux" chez Fayard est un livre - enquête qui
montre que "placée dans le seul contexte économique, la vieillesse
n'est plus envisagée qu'en terme de contraintes, de charge et
d'inutilité". Deux ans d’enquête avec le soutien de l’AFPAP
(Association française de protection et d'assistance aux personnes
âgées) et une centaine d’interviews de médecins et de professionnels de
la santé, de familles, d’avocats, de directeurs de maisons de retraite
et de directeurs de la DDASS révèlent que tout est mis en œuvre pour
accélérer la fin des personnes âgées malades à l'hôpital.
Le livre dénonce les
incohérences de l’hospitalisation qui causent la mort d'un bon nombre de
personnes âgées, la prise en charge défaillante aux urgences qui
alimente les grabatisations et l’épreuve même des urgences qui se solde
souvent par un décès prématuré.
Pour les auteurs, il s'agit "d'un
génocide silencieux perpétré grâce aux incohérences et aux maltraitances
qui font tous les ans plus de morts que la canicule". Le Pr Jacques
Soubeyrand, coauteur et chef du service de médecine interne et gériatrie
à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, explique : "Il ne s'agit
surtout pas de jeter l'opprobre sur les établissements, mais de dénoncer
certaines dérives et un système tout économique, où la vieillesse n'est
plus vue qu'en termes d'inutilité, de contraintes. A partir du moment où
on ne donne pas à ces personnes tous les soins qu'elles mériteraient, on
accélère leur fin". Une "euthanasie économique et sociale"
qui commencerait dès l'hôpital.
Les personnes âgées malades qui
survivent à l’hôpital se retrouvent dans des maisons de retraite,
médicalisées certes, mais souvent inadaptées à leur prise en charge,
dénoncent les auteurs. Abandonnés sans soins dans des établissements
sous-dotés en personnel, la moitié des vieux sont dénutris,
sous-médicalisés et partout sur-médicamentés…
Pour les auteurs, la justice est "complaisante" et ne
condamne que rarement ces "dysfonctionnements institutionnels". "La
vie d’un vieux, au pire, ça vaut deux ans avec sursis".
On tue les vieux est
écrit par Christophe Fernandez président de l'AFPAP, Thierry Pons,
directeur d'un centre de formation dans le secteur social, Dominique
Prédali, journaliste d'investigation et le Pr Jacques Soubeyrand. |