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Le
Monde consacre un dossier sur
l’étiquetage des OGM sur les produits alimentaires.
La direction générale de la concurrence, de la consommation et de
la répression des fraudes (DGCCRF) a rendu le 11 octobre dernier le
bilan 2005 des contrôles OGM. Sur les 281 vérifications faites par la
DGCCRF, 49 anomalies d’étiquetage ont été relevées et sur les 69
échantillons prélevés dans des produits alimentaires, 17 contenaient des
traces d’OGM (inférieures au seuil réglementaire de 0,9 % ). Enfin, pour
la DGCCRF, les mentions du type « sans OGM » continuent à être employées
de façon abusive.
Les
nombreux dérapages de contamination d’OGM non autorisé ou interdit à la
consommation posent la question de la détection des OGM.
Pour
les plantes transgéniques autorisées, la réglementation européenne a mis
au point des protocoles de détection. Pour l’alimentation, le seuil
réglementaire de présence fortuite d’OGM est de 0,9% et tout produit,
contenant des OGM ou leurs dérivés, doit comporter la mention « contient
des organismes génétiquement modifiés ». Cette quantification est, pour
autant, impossible sur des produits très transformés comme l’huile ou
les arômes. Dans ce cas, la preuve d’absence d'OGM est administrative
(via la traçabilité des matières premières employées). En France, peu de
produits alimentaires sont étiquetés comme contenant des OGM. Selon une
étude de Greenpeace, une trentaine des 80 000 références alimentaires
étudiées (dans des grandes surfaces et des coopératives agricoles) en
contenait. L’association, avec d’autres, se dit insatisfaite du
non-étiquetage des produits laitiers, des œufs et des viandes issus
d’animaux nourris aux OGM. La direction générale de l’alimentation a
rappelé que « la décision européenne de ne pas étiqueter a été
pragmatique. Quel que soit le mode d’alimentation de l’animal, avec ou
sans OGM, le lait est identique ». Pour les associations, c’est par
le biais de l’alimentation animale que les OGM s’installent dans la
chaîne alimentaire.
En France, plusieurs laboratoires publics sont chargés du
contrôle et de l’analyse de produits ou semences. Les industries
agro-alimentaires font appel, de leur côté, à des laboratoires privés
qui font des contrôles en amont afin « d’éviter de coûteux retraits
de produits » explique François Vigneau, directeur exécutif du
laboratoire Eurofins.
Face
à des OGM non identifiés, les contrôles sont plus difficiles. Pour les
semences, il n’y a pas de réglementation fixant le seuil admissible
d’OGM non autorisés. Pour la Grèce et l’Italie, aucune trace ne devrait
être tolérée, pour la Grande-Bretagne et les Pays-Bas un taux de 0,5 %
pourrait être fixé. En France, les différentes administrations
concernées ne trouvent pas d’accord.
En
dix ans, la culture des OGM dans le monde s’est étendue sur 90 millions
d’hectares pour 1 450 millions d’hectares non–OGM. 55 % des surfaces
transgéniques mondiales sont aux Etats-Unis. |