Dans
son livre Avortement,
la parole confisquée, Monique Hébrard renvoie dos à dos les pro-IVG
et les pro-Life, pour laisser les femmes qui ont interrompu leur
grossesse exprimer leur souffrance. Elle revendique son engagement
chrétien, un engagement "non bardé de certitudes". "Je suis
catholique pratiquante et je suis pour la loi Veil qui laisse aux femmes
la liberté d'avoir ou non recours à l'avortement". Il ne s'agit pas
de condamner l'acte mais "d'accompagner les femmes, en respectant
leur décision".
Si pour elle,
l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est "un acquis positif",
il n'est cependant pas un droit. "Les femmes se sont trompées quand
elles scandaient : "Mon corps m'appartient". Car le corps n'est pas une
chose que l'on peut manipuler à sa guise ; il est le véhicule de mon
rapport intime à moi-même, aux autres et à la société. En voulant
déculpabiliser les femmes, ne les a-t-on pas privées d'une réflexion sur
la véritable dimension de cet acte ?".
Monique Hébrard
explique que l'IVG est avant tout "un drame humain". La
souffrance post-IVG peut "durer toute une vie, ou avoir disparu et
réapparaître lors d'un deuil (...), mais elle peut aussi se déguiser".
L'auteur demande
la prise en compte des questions, des souffrances des femmes ayant
avorté car la société les gomme. Elle plaide pour l'ouverture de
cellules psychologiques spécialisées.
Avortement, la parole
confisquée, Monique Hébrard, ed. Desclée de Brouwer. |