Le
Figaro enquête sur la question
de l'anonymat chez des jeunes nés par insémination artificielle avec
donneur (IAD) .
Clara et Colas sont frère et
sœur et ont tous les deux été conçus par IAD. Clara a 23 ans. Elle a
appris son mode de conception il y a 4 ans et depuis se considère comme
un Obni "objet biologique non identifié". Elle estime qu'"avoir
le droit de savoir d'où l'on vient, c'est tout de même la moindre des
choses non!". Colas, 25 ans, n'est pas de cet avis : "tout
comprendre et tout maîtriser des origines, c'est n'importe quoi !".
Pour lui, la majorité des personnes nées par IAD qui souffrent de ne
pouvoir identifier leur donneur sont ainsi parce qu'ils ont appris
tardivement leur mode de conception. Pour lui, il faudrait mieux "légaliser
le devoir d'information des enfants" sur leur mode de conception
plutôt que de voter une loi levant l'anonymat des donneurs.
Le Dr Jean-Marie Kunstmann,
responsable du Cecos de Cochin, considère également que la recherche des
origines est un faux débat. Pour lui, "l'angoisse identitaire" de
certains enfants IAD cache des "souffrances plus complexes, liées à
l'annonce tardive ou dans des conditions difficiles (divorce des
parents, par exemple) du mode de leur conception".
Jean-Loup Clément, psychologue,
auteur d'une étude universitaire sur la question de l'anonymat dans le
cadre de l'IAD, estime qu'"identifier le donneur, c'est introduire un
tiers dans le couple parental" au risque de rompre "l'équilibre
familial" (cf.
revue de presse du 05/04/2006).
Enfin, pour Pauline Tiberghien,
gynécologue et fondatrice de l'association Procréation médicalement
anonyme, se bat contre "l'inadmissible secret des origines
organisé par l'Etat". Pour elle, l'accès aux origines est "un
droit élémentaire" qui "devrait figurer dans la Constitution".
L'Académie nationale de
médecine s'est déclarée défavorable à la levée de l'anonymat,
contrairement à la député Valérie Pecresse (UMP) qui a fait des
propositions de loi visant à donner la possibilité de faire un don de
gamètes anonyme ou personnalisé (cf.
revue de presse du 27/11/06). |