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Une
naissance sur cinq se fait désormais par césarienne. On constate une
progression très importante ces 25 dernières années : de 10,9 % en 1981,
le taux de césarienne en France est passé à 15,9 % en 1995, 18 % en 2001
et 20 % en 2003 (23,5 % chez les femmes qui accouchent pour la première
fois). Le taux d'accouchement par césarienne augmente en fonction de
l'âge de la femme enceinte : 15 % à 23 ans, près de 25 % à 38 ans. Plus
de deux femmes sur trois qui ont eu une césarienne accouchent par
césarienne la fois suivante. Ces chiffres placent la France loin devant
les Pays-Bas ou la Suède mais derrière l'Espagne et l'Italie.
Cette forte
augmentation inquiète les professionnels de santé qui se sont penchés
sur la question lors des 34e Journées de gynécologie obstétrique et
fertilité. Certaines femmes y voient une illustration de la
"surmédicalisation" de la naissance parce que cette pratique n'est pas
toujours justifiée. Le Professeur Bernard Blanc, responsable du service
de gynécologie obstétrique à l'hôpital de la Conception à Marseille
souligne que : "Le bénéfice attendu sur la réduction de la morbidité
et de la mortalité néonatale est faible". "L'obstétrique n'est pas
meilleure avec un taux de césarienne important" a pu constater le
docteur Michel Naiditch, chercheur à l'Institut de recherche et
documentation en économie de la santé (Irdes).
Les taux de
césariennes varient considérablement d'un établissement à l'autre. On
pratique plus de césariennes dans le privé. D'autres facteurs, d'ordre
moins avouables sont à prendre en compte comme la gestion des plateaux
techniques, le gain de temps, la course illusoire au risque zéro..."Les
techniques d'aide à la naissance peuvent être détournées pour gérer
l'incertitude temporelle de l'accouchement et améliorer le confort des
professionnels", constate la sociologue Danièle Carricaburu à
l'issue d'une enquête d'observation et d'entretien réalisé en 2005.
Le
professeur François Goffinet, gynécologue obstétricien à l'hôpital Port
Royal s'inquiète : "même si les risques maternels associés à la
césarienne programmée ont diminué ces dernières années, les risques
rares et graves à court terme (infection, embolie...) ainsi que ceux des
grossesses ultérieures sont mal évalués". "La physiologie est de
plus en plus gommée, on laisse de moins en moins les choses se faire
naturellement", déplore une sage-femme.
Face
à cette problématique des "maisons" de naissance devraient voir
le jour en 2007. Ces nouvelles structures seront gérées par des
sages-femmes qui accompagnent les futures mères dont la grossesse
s'annonce sans problème particulier, avant, pendant et après la
naissance. "Nous souhaitons sortir d'une surmédicalisation où la
grossesse est trop souvent considérée comme une pathologie",
explique Isabelle Chevalier, sage-femme à l'origine du projet."On
est à mi-chemin entre la maison et l'hôpital (...). Nous essayons de
nous approcher au maximum de l'accouchement à domicile tout en gardant
la sécurité d'un univers hospitalier. Si un problème survient, on aura
la possibilité de descendre au bloc d'accouchement où l'équipe est prête
à réagir dans les 3 minutes (...).
Avec l'expérience, on
s'aperçoit que, lorsque l'on respecte la nature, on a souvent de bons
résultats." |