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L'Agence
de la biomédecine a publié son premier état des lieux sur la pratique de
l'interruption médicale de grossesse (IMG) en France entre 2002 et 2004.
En
2004, près de 6 000 IMG ont été pratiquées dans les différents centres
pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPD-PH). Une moyenne de 136
IMG ont été pratiquées par centre, avec des écarts allant de 16 à 438
IMG. Selon la loi du 29 juillet 1994, une IMG peut être pratiquée
lorsque la grossesse met gravement en danger la vie de la mère ou
lorsqu'il existe "une forte probabilité que l'enfant à naître soit
atteint d'une affection d'une particulière gravité, reconnue comme
incurable au moment du diagnostic".
43,5
% des IMG se font après un diagnostic de malformations fœtales,
33,8% après un diagnostic d'une anomalie chromosomique, 12,3 % pour
d'autres indications fœtales, 5,8 % pour des pathologies génétiques et
0,8 % pour des infections. Dans 3,8 % des cas, l'Agence de la
biomédecine n'a pas l'indication précise pour laquelle l'IMG a été
réalisée. Des examens spécialisés pour vérifier et analyser la
pathologie du fœtus sont pratiqués plus d'une fois sur deux.
Le
nombre d'IMG ne semble pas augmenter et demeure globalement stable,
commente François Thépot, adjoint au directeur médical et scientifique
de l'Agence de la biomédecine.
La
première anomalie chromosomique dépistée est la trisomie 21 : 1508 cas
dépistés en 2002, 1323 en 2003 et 1781 en 2004. Le dosage des marqueurs
sériques, test sanguin pour détecter une éventuelle trisomie 21 sur le
fœtus, est proposée à toutes les femmes enceintes. En 2004, 630 000
femmes ont eu recours à ce dosage des marqueurs sériques, pour 750 000
naissances. A partir des résultats d'analyse, 36 000 amniocentèses ont
été pratiquées. L'Agence de la biomédecine ne fournit aucune
indication sur le nombre de naissances d'enfants trisomiques 21. Selon
des sources non officielles, la France serait l'un des pays où il naît
le moins d'enfants trisomiques. Pour les pouvoirs publics et les
autorisés sanitaires c'est "une preuve de l'efficacité du système
national de dépistage prénatal" de la trisomie 21.
Entre
2002 et 2004, entre 90 000 et 100 000 fœtus ont été, chaque année,
examinés dans le cadre du diagnostic prénatal. L'échographie est
l'examen principal qui conduit à pratiquer une IMG, avant
l'amniocentèse. En 1980, 2 800 amniocentèses étaient pratiquées par an,
près de 92 000 en 2004.
Pour
les auteurs de ce premier état des lieux, il faut maintenant "réfléchir
à la manière de rendre le diagnostic prénatal plus efficace et plus sûr
et nous devrons nous donner les moyens de procéder à une évaluation de
ces activités".
NDLR
: Comment
ne pas s’inquiéter de cette volonté de dépistage "efficace" qui
ne laissera aucune place à la personne trisomique 21 dans notre société,
ni aucun espoir à la recherche ? Quand la société s'intéressera-t-elle
enfin aux recherches scientifiques thérapeutiques en faveur de ces
patients ? |