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Le
diagnostic préimplantatoire (DPI) fait l'actualité. D'un côté, le
Téléthon est contesté par certains parce qu'il utilise la technique du
DPI. De l'autre, fin septembre, deux équipes de généticiens (de
Montpellier et de Strasbourg) ont annoncé vouloir d'élargir le DPI à
l'identification, sur l'embryon créé in vitro, d'une
"prédisposition" à certains cancers (cf. revue de presse du).
Derrière le DPI, issu des avancées
de la génétique et de l'assistance médicale à la procréation, c'est la
question de l'eugénisme qui se pose. C'est pourquoi, le DPI "ne peut
pas ne pas inquiéter, émouvoir, passionner". En réalité, l'objet
même de la fécondation in vitro, de "fournir une réponse
thérapeutique à la stérilité", a vite été dépassé. Ainsi pour les
couples exposés au risque de transmettre une anomalie génétique, le DPI
s'appliquant aux embryons créés in vitro, permet de sélectionner
les embryons malades et de n'implanter que les embryons exempts de
l'anomalie génétique.
Au moment des débats sur la
légalisation du DPI au début des années 1990, les partisans du DPI ont
fait valoir que cette pratique ne relevait que d'une "forme précoce
de diagnostic prénatal", autorisé et encadré par la loi. Les
adversaires du DPI, de leur côté, ont alerté sur le caractère eugénique
du DPI et ses dérives.
En 1994, le DPI fut voté : la loi
de bioéthique prévoyait que le tri embryonnaire ne s'appliquait que dans
le cas d'affections "d'une particulière gravité" et "incurables
au moment du diagnostic".
Lors de la révision des lois de bioéthique, en 2004, il est prévu
d'élargir le champ d'application du DPI au "bébé-médicament".
Il s’agit de créer in vitro des embryons et de sélectionner celui
dont le système immunitaire est compatible avec celui d’un frère ou
d’une sœur malade, afin de prélever sur lui les tissus ou cellules
nécessaires pour guérir l’aîné. Jean-Yves Nau interroge : "pouvait-on,
en d'autres termes, s'autoriser à programmer la naissance d'un enfant
qui, au stade embryonnaire de son développement, aurait été retenu au
motif que certaines de ses caractéristiques biologiques permettraient,
peut-être, de sauver son frère ou sa sœur, tôt condamnés à mort?".
En 2002, le Comité consultatif national d'éthique, dans un avis, se
montrait plutôt défavorable à cette pratique. Une minorité seulement
avait soutenu la légalisation des bébé médicaments "par souci de
solidarité". L'extension du DPI au bébé médicament est finalement
voté dans le cadre de la loi de bioéthique de 2004. Les décrets
d'application ne sont pas encore parus.
Sur l'extension du DPI à la prédisposition de certains cancers,
le dossier a été saisi par l'Agence de la biomédecine et l'Institut
national du cancer. Carine Camby, directrice de l'agence de la
biomédecine, estime que cette extension est "contraire aux
dispositions législatives en vigueur". Jean-Yves Nau conclut : "peut-on,
en d'autres termes, accepter aujourd'hui en France un tri des embryons
fondé non plus sur la certitude génétique, mais sur une probabilité
statistique ?" |