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Le
Quotidien du Médecin consacre un dossier sur les "banques de la
médecine". Les biobanques, indispensables pour la recherche
biomédicale, collectionnent des échantillons d'origine humaine (ARN,
ADN, urine, tissus, cellules souches, ovules...).
Les banques de
sang de cordon conservent le sang issu du cordon ombilical, prélevé
après la naissance mais avant la délivrance, dont les cellules souches,
multipotentes, pourraient régénérer la plupart des tissus vitaux de
l'enfant ou d'un membre de sa famille. Les banques publiques collectent
les dons anonymes et gratuits qui seront utilisés pour des greffes de
sang placentaire. Depuis la première greffe de sang placentaire réalisée
par la Pr Eliane Gluckman (Hôpital St Louis, Paris) en 1988, ce type de
greffe est devenu, dans le cas de certaines maladies du sang, une
alternative reconnue à la greffe de moelle. La France compte deux
banques publiques, à Besançon et à Bordeaux, dans lesquelles plus de 5
000 unités de sang placentaire sont gardées. Le réseau international,
instauré par le Bone Marrow Donors Worldwide, dispose, lui, de
240 000 unités. Le quotidien rapporte que, grâce à ces dons, 174
patients français ont pu recevoir une greffe. Les banques privées,
elles, stockent le sang de cordon, moyennant une somme de 1 000 à 2 000
euros à laquelle il faut ajouter environ 100 euros par année de
conservation. Actuellement, les banques privées ne sont pas autorisées
en France, bien qu'aucun texte ne les interdise. La probabilité actuelle qu'une unité de sang de cordon soit
utilisée pour une greffe autologue serait de 1/20 000 selon le Groupe
européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies.
Des banques de
cellules souches embryonnaires ont été créés en Angleterre, aux
Etats-Unis et en Asie. Elles disposent d'une centaine de lignées
cellulaires stables uniquement utilisées pour la recherche. Pour obtenir
des cellules souches embryonnaires compatibles, il existe en théorie
deux solutions : d'une part le "clonage thérapeutique" ou transfert
nucléaire (qui ne fonctionne pas chez l'homme) ; d'autre part utiliser
les embryons issus de protocoles de procréation médicalement assistée
(PMA) et qui ne font plus l'objet d'un "projet parental".
Aux Etats-Unis,
les agences de congélation d'ovules se multiplient (moyennant 12 000
euros pour la conservation d'une douzaine d'ovules plus 4 000 euros pour
la décongélation et la fécondation in vitro). Pourtant, "le
rendement des techniques de congélation des ovocytes matures est très
mauvais" reconnaît le Pr Pierre Jouannet, directeur du Centre
d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) de
Cochin (Paris). Pour résoudre ce problème, il existe deux voies de
recherche. La première, qui aurait déjà donné des résultats positifs
consiste à congeler des fragments d'ovaires en vue d'une
transplantation. La seconde, encore expérimentale, prévoit de congeler
des ovocytes immatures pour les faire maturer in vitro avant
fécondation.
Le réseau
EuroBioBank, réseau européen de banques de matériel biologique humain, a
été lancé en 2002. Ce réseau est entièrement dédié à la recherche sur
les maladies rares. Le quotidien rapporte que, depuis 2003, plus de 60
études réalisées avec des échantillons collectés par les partenaires
d'EuroBioBank ont été publiées.
A Marseille, à
la faculté de médecine de l'université de la Méditerranée, une
collection nationale publique de souches d'agents infectieux
potentiellement dangereux a été constituée. D'après le quotidien, "on
y trouve aujourd'hui la plus importante collection mondiale de bactéries
intracellulaires strictes". La partie virologique est quant à elle
en cours de construction. "Toutes les nouvelles souches que nous
avons décrites, soit une cinquantaine, ont fait l'objet de publications
internationales" souligne le Pr Didier Raoult (unité des
rickettsies, CNRS UMR 6020, IFR 48, Marseille). Cette collection pallie
l'absence de collection nationale non privée qui plaçait la France en
situation de dépendance aux collections nationales étrangères.
Aux Etats-Unis,
le projet de collection de souris knock-out (K.-O.) est lancé. Le
National Institute of Health a annoncé en septembre son financement à
hauteur de 52 millions de dollars sur 5 ans. Les chercheurs produisent
des souris K.-O. pour lesquelles ils rendent non fonctionnel le gène à
étudier. L'intérêt de constituer une banque publique de souris K.-O.
réside dans le fait que 99% des gènes de souris ont un homologue chez
les humains. En collaboration avec l'European Conditional Mouse
Mutagenesis Program, financé par l'Union européenne, et le North
American Conditional Mouse Mutagenesis Project, le projet américain,
Knockout Mouse Project (Komp) a pour objectif de créer des mutations
dans environ 20 000 gènes de souris soit 70% de son génome.
Depuis la
découverte il y a 7 ans de l'ARNi, des banques d'ARNi se sont créées
pour permettre la compréhension du développement des métabolismes, des
fonctionnements moléculaires et du décryptage des pathologies en
génétique. |