Dans
un rapport, le Collège Royal des obstétriciens et gynécologues
britanniques préconise l'euthanasie des nouveau-nés, nés prématurément
et souffrant de graves séquelles, plutôt que des soins intensifs jugés
trop chers et trop lourds pour les parents. Cette proposition se fait
dans le cadre d'une réflexion globale sur le maintien en vie ou non
d'enfants très prématurés sous assistance médicale. Ces propositions ont
reçu le soutien de John Harris membre de la Commission gouvernementale
de génétique humaine et professeur de bioéthique à l'université de
Manchester : "Nous pouvons arrêter une grossesse jusqu'à son terme
pour une anormalité du fœtus mais nous ne pouvons pas tuer un nouveau
né. Pourquoi pensez-vous qu'on pourrait donner la mort à un bout du
"conduit de la naissance" et non à l'autre ?
Pour le Collège, l'euthanasie des
nouveau-nés handicapés permettrait de limiter l'avortement médical de
grossesse. Les parents pourront "prendre le risque" d'une
naissance de leur enfant diagnostiqué infirme car s'il est décidé que
l'enfant a trop de troubles pour une "vie saine", il pourra être
euthanasié, c'est à dire tué. Le Dr Pieter Sauer, un des auteurs du
Protocole de Groningen qui aux Pays-Bas autorise l'euthanasie des
enfants infirmes, appelle les pédiatres britanniques à soutenir cette
pratique qui pour lui, se fait déjà de manière officieuse.
Le Collège pressent que ces
propositions vont à l'encontre de l'opinion publique mais appelle à la
discussion. Les réactions sont nombreuses et vives. Le Conseil
britannique des personnes handicapées a rejeté avec virulence
l'euthanasie des nouveau-nés et l'idée que la vie ou la mort des
personnes handicapées dépendraient du bon vouloir d'un médecin. John
Wyatt, consultant en néonatalogie à l'University College of London,
exprime ce que la majorité des professionnels de santé estime : "tuer
intentionnellement ne relève pas de la médecine".
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Lire en ligne le rapport du College Royal
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