Le
Pr René Frydman, chef du service de gynécologie obstétrique à l'hôpital
Antoine Béclère, propose, pour le réexamen de la loi de bioéthique prévu
pour 2009, que soient levés l'anonymat et l'interdiction de toutes
formes de rémunérations dans le domaine des échanges corporels (sang,
moelle osseuse, organes) à des fins thérapeutiques.
Le don d'ovocytes permet aux
couples infertiles, dont la femme souffre d'une insuffisance ovarienne,
de bénéficier d'un transfert d'embryon(s) conçu(s) in vitro avec
l'ovocyte d'une donneuse et le spermatozoïde du conjoint. En 2004, 288
transferts d'embryons ont été réalisés pour 48 naissances.
Pour le Pr Frydman, de plus en
plus de femmes demanderont à avoir recours au don d'ovocytes parce
qu'elles sont enceintes de plus en plus tard. Or, la gratuité du don a
pour conséquence une très faible pratique du don. Pour le Pr Frydman, la
pratique du don d'ovocytes doit être réexaminée en fonction de "ses
contraintes et de sa pénibilité". En effet, pour la donneuse, le
traitement dure quinze jours avec des prises de sang et des échographies
avant une anesthésie, générale ou locale, pour recueillir les ovocytes.
Ainsi, le geste de la donneuse, quelle que soit sa motivation, "doit
être reconnu et récompensé à la hauteur de l'effort qu'il entraîne",
estime le Pr Frydman.
En Espagne ou en Belgique, les
donneuses sont rémunérées autour de 900 euros. Pour ne pas tomber dans
une forme de commercialisation du corps humain, la gestion de la
compensation financière versée à la donneuse doit être prise en charge
par un organisme public, comme l'Agence de biomédecine ou la Sécurité
sociale. "Ce doit être un engagement de solidarité de la société,
témoignage de solidarité, et non une tractation d'ordre privé",
explique le Pr Frydman. |