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Le
journal Libération, dresse le portrait de Benoîte Groult, 86 ans,
militante féministe et écrivain. Dans son dernier ouvrage, "La Touche
étoile", elle explique son dernier combat, celui de mourir quand
elle le souhaite : "Tous les ans, on regrette l'année précédente.
J'en suis à pleurer sur le paradis de mes 83 ans, c'est dire"
explique-t-elle.
Elle milite pour
l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et explique
:"On a le droit de faire toutes les conneries que l'on veut toute sa
vie. Se marier, se tromper, divorcer et même de se suicider. Mais au
moment de mourir, terminé la liberté. On devient le jouet de forces
adverses dont on n'a rien à faire, la morale, le pape ou des médecins
qui ne veulent pas entraver leur carrière".
Benoîte Groult en
veut à la France quand certains de ses députés se sont élevés contre la
pilule ou plus tard contre la légalisation de l'avortement. Elle-même a
avorté 5 fois. "Le refus de la naissance choisie et de la mort
choisie, c'est la même idéologie contre la liberté" explique-t-elle.
"Mais on finira par y venir pour des raisons économiques qui seront les
pires : on ne va plus savoir quoi faire de tous les vieux, les hospices
vont déborder et les retraites ne seront plus payées" prévient-elle.
Elle se dit prête à
un ultime voyage en Belgique où l'euthanasie "n'y est plus un gros
mot".
Dans le courrier des
lecteurs du journal La Croix, un homme lourdement handicapé,
grand invalide civil à 90% témoigne de sa vie au quotidien. Il explique
: "je marche péniblement et lentement, mais je marche !" et
précise qu'il "vit" pour sa femme et pour ses 4 enfants. Chaque
matin, explique-t-il "je suis heureux d'admirer la création". Il
répète "que c'est beau, c'est beau la vie!" mais, raconte comment
un jour, en sortant de l'hôpital, un homme l'a pointé du doigt et a
déclaré "ça, ça ne devrait pas exister". "L'être humain n'aime pas la
différence, cela peut aller "loin", je vous laisse le soin d'imaginer
jusqu'où peut aller ce "loin" surtout en cette époque où l'euthanasie
est galvaudée..." explique-t-il. |