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partir du 1er juillet 2006, l'avortement deviendra illégal dans le
Dakota du Sud. Aujourd'hui, une clinique privée y pratique encore des
avortements, 800 par an, mais comme aucun médecin local ne veut y
participer, le Planning familial fait venir par avion un médecin chaque
semaine. Quatre viennent à tour de rôle, ils ont tous plus de 50 ans. Le
Dr McCreary, gynécologue de 71 ans, explique "j'ai essayé de former
des jeunes mais c'est frustrant. Quand ils s'installent en cabinet,
leurs associés leur demandent de ne pas faire d'avortements. (...)".
L'an dernier, le congrès local a ordonné que les médecins préviennent
les femmes qui veulent avorter qu'elles allaient suspendre la vie d'un "être
en tant que tel, unique et entier".
En 2005, 52 lois ont
été adoptées au niveau des états pour restreindre l'accès à
l'avortement : notification parentale obligatoire pour les mineures,
délai de réflexion allongé, ...
Le Dakota du Sud, comme le Michigan, l'Ohio, le Missouri, le
Mississippi attendent que soit cassé l'arrêt Roe c/ Wade, qui a autorisé
l'avortement aux Etats -Unis (1973), afin que le droit de légaliser ou
non l'avortement revienne aux états.
A l'opposé, la Californie et cinq autres états désirent confirmer
l'avortement comme un droit.
Fiammetta Venner,
politologue et directrice de publication de la revue ProChoix,
est interrogée dans le journal l'Humanité sur le mouvement provie
dans le monde. Elle explique que "la France a initié mondialement
l'opposition à l'avortement avec le Pr Jérôme Lejeune". Pourtant,
les provie américains ont en terme d'efficacité "une longueur
d'avance". Ils sont plus influents car plus médiatiques et parce
qu'ils "vivent dans une société qui s’est bâtie sur une laïcité de
compromis (entre toutes les religions), et non de séparation. Ils ont
su, en l’espace d’une trentaine d’années, saper considérablement le
droit à l’avortement".
Elle explique qu'en France, les provie français ont été très populaires
au début des années soixante-dix mais ont, petit à petit, été
stigmatisés comme intégristes. Elle constate qu'en Pologne, "les
provie sont largement aux commandes et les prochoix quasi inexistants". |