A
Vigy, petit village
de Moselle, le pharmacien qui est aussi maire de la commune a refusé de
délivrer, la pilule du lendemain, "le Norlevo", à une jeune fille
mineure. La mère de la jeune fille a porté plainte pour "refus de
délivrer la pilule du lendemain, abus de pouvoir et défaut de
confidentialité en contravention avec son éthique professionnelle".
L'affaire est désormais suivie par le procureur de Metz.
En 2002, un décret
a obligé les pharmaciens à délivrer gratuitement et de façon anonyme le
Norlevo aux mineures qui en faisaient la demande. Pourtant, beaucoup
d'entre eux y étaient opposés.
Jean-Jacques de
Moutis, président du Conseil de l'ordre des pharmaciens d'Ile de France
se dit intraitable sur la question : "je convoque le pharmacien en
conseil de discipline". "J'attends ses explications, il va passer
un sale quart d'heure" explique t-il. Le pharmacien risque alors une
interdiction d'exercer de deux
semaines.
La délivrance
gratuite de la pilule du lendemain aux mineures a fait l'objet d'un
décret, "c'est une obligation. Rien ne s'y oppose" déclare J.J.
de Moutis."Pas même une clause de conscience. Cela n'a rien à voir
avec l'IVG. Le Norlevo évite la fécondation, il ne l'interrompt pas"
estime-t-il.
La France fait
partie avec la Belgique des rares pays où la pilule du lendemain est
délivrée gratuitement aux mineures.
NDLR : Rappelons
que la pilule du lendemain ou Norlevo empêche l'ovulation et a peut-être
aussi une action "anti-nidatoire", comme le précise la notice du
produit. Cette affaire relance la question de la clause de conscience
des pharmaciens. |