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Didier
Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique, est
interrogé dans La Croix sur la pratique du dépistage prénatal en
France.
"Nous
sommes devenus des obsessionnels du dépistage" déplore-t-il. Il
dénonce la traque au dépistage de l'enfant trisomique. "C'est
terrifiant. Aucun pays n'a décrété l'exclusion totale d'une maladie
chromosomique, aucun ne s'est livré à un tel acharnement dans le
dépistage". Il l'explique par le fait que "la société française
est particulièrement intolérante au handicap, à la différence". Nous
traitons le handicap "de façon compassionnelle, sans rien proposer de
concret".
Il constate que "l'esprit
ambiant est qu'un enfant doit être normal. On est passé de l'espérance à
l'exigence". Il montre le décalage entre le médecin, dont
l'information issue d'examens prénataux repose sur "l'incertitude"
alors que les parents sont en quête de "certitudes". C'est ainsi
que s'inverse le principe de précaution : "si l'on est pas sûr que
l'enfant est sain, il vaut mieux qu'il ne naisse pas". |