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La
culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM) nécessite de veiller à
l'apparition d'insectes résistants aux toxines produites notamment par
les maïs transgéniques Bt. Se pose ainsi la question : comment limiter
l'émergence de ce type d'insectes ?
Les américains,
qui exploitent 12 millions d'hectares de maïs transgéniques sur les 20
millions cultivés dans le monde, pratiquent la stratégie dite de "zones
refuges". Pour éviter que l'ensemble d'une population d'insectes soit
porteur d'une mutation les rendant résistants aux toxines, il faut
assurer un brassage génétique entre individus résistants et individus
sensibles. Les zones refuges sont les zones de séparation entre champs
de maïs classiques et champs de maïs transgéniques pour que s'accouplent
entre eux insectes résistants et sensibles. Ainsi aux Etats-Unis, la
règle est de séparer au maximum de 800 mètres les parcelles de cultures
traditionnelles et transgéniques.
Des chercheurs de
l'Inra et d'un laboratoire du CNRS-université de Toulouse 3 publient
dans la revue PLoS Biology une étude selon laquelle la stratégie
des "zones refuges" n'est pas infaillible et conseillent de l'affiner
avant d'envisager son utilisation en Europe. Néanmoins, Denis Bourguet,
chercheur à l'Inra et co-signataire de l'étude, estime prématuré de
tirer des conclusions sur l'efficacité des "zones refuges" dans le sens
où la fréquence d'individus résistants reste de toute façon très faible
(moins d'un sur un million).
Pour le moment en
France, les cultures traditionnelles de maïs étant largement
majoritaires, elles jouent naturellement le rôle de "zones refuges". |