L'Académie de Médecine,
dans une communication, présente une étude du Pr Bernard Blanc
(maternité de l'hôpital de la Conception, Marseille) sur la hausse du
taux de césariennes. Ce spécialiste montre que depuis les années 1990,
on constate une hausse progressive du nombre de césariennes sans pour
autant établir de lien avec la réduction de la mortalité
périnatale et maternelle.
En France, 14 % des accouchements se faisaient par césarienne en 1991,
18 % en 2001. Aux Etats-Unis, les césariennes représentaient 25 % des
accouchements en 1998, contre 20,6% en 1996.
La baisse de la mortalité périnatale est plutôt due aux progrès de
la prise en charge néonatale, à l'amélioration des soins et aux
progrès techniques.
Pourquoi
pratique-t-on de plus en plus de césariennes
?
- en raison de l'âge de plus en plus tardif de la première grossesse.
12 % des césariennes se font sur des jeunes femmes de moins de 20 ans,
27,6% sur des femmes de plus de 40 ans,
- en raison du principe de précaution qui influe sur
les pratiques médicales,
- en raison du développement des méthodes de procréation
médicalement assistée qui aboutissent souvent à des grossesses
multiples et à des naissances prématurées,
- en raison du développement du diagnostic prénatal qui permet de
détecter des anomalies opérables à la naissance,
- en raison de forte demande pour une "césarienne de
convenance",
- par manque d'expérience des internes qui recourent plus volontiers à
la césarienne,
- par sécurité pour certains praticiens de maternités mal
équipées.
Pourtant les césariennes
ne sont pas dénuées de risque. Le risque de mortalité maternelle
après une césarienne est de 2 à 10 fois plus élevé que pour
un accouchement par voie basse. Le taux d'infections nosocomiales varie
de 5% à 10% selon le type d'accouchement. Des risques à long terme
existent : fertilité diminuée, risque accru de mort in utero,
de rupture utérine...
Une étude de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la hausse du taux de
césariennes, réalisée dans 8 pays d'Amérique latine, conclue : "loin
d'être signe de soins de qualité, des taux élevés de césariennes
peuvent au contraire entraîner des conséquences négatives pour la
mère et l'enfant". Cette étude, menée auprès de 120
établissements de santé et portant sur 97 000 naissances dont 35 % se
sont faites par césarienne, a été publiée dans la revue scientifique
The Lancet. L'étude déplore que cette large pratique de la
césarienne mobilise des sommes élevées qui pourraient être utilisées
pour améliorer d'autres soins aux mères et aux nouveau-nés et pour
développer la recherche. |