Amnesty
International (AI) a l'intention de décider d'ici 2007 si elle adoptera
une nouvelle position en faveur de la “dépénalisation de l'avortement”
et d'un accès sûr et légal à l'interruption de grossesse en cas de viol,
d'inceste et de situations faisant courir des risques à la vie de la
femme. Dans ce cas, Amnesty International militerait pour que
"l'avortement légal" soit considéré comme un droit humain international.
Réagissant à cette
consultation interne, le Père Joaquin Alliende, assistant ecclésiastique
de l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED), déplore qu'AI adopte une "position
radicalement nouvelle" en faveur de l'avortement, alors qu'avant
elle était neutre dans ce domaine et luttait contre les avortements
forcés pratiqués en Chine dans le cadre de l'enfant unique. En proposant
une initiative pro-avortement, l'organisation de défense des droits de
l'homme "est en train d'abandonner ses nobles principes éthiques,
sapant ainsi les propres fondations sur lesquelles elle est bâtie",
estime le Père Alliende.
L'Eglise catholique en Inde est également intervenue dans le
débat, estimant erroné de revoir la politique d’AI en matière
d'avortement, et se disant "surprise et préoccupée". Mgr Oswald
Gracias, président de la Conférence épiscopale indienne, déclare "Amnesty
a toujours été une organisation crédible, connue pour protéger les
droits humains de tous, en particulier des groupes les plus faibles de
la société” et rajoute “si une organisation si respectée adopte
une politique en faveur de l’avortement, elle dira adieu aux droits
humains, sa caractéristique depuis quelque 40 ans”.
Pour l'Eglise
catholique, affirme Mgr Gracias, la violence sexuelle et l'inceste sont
des violations des droits humains de la victime, "mais cela ne donne
pas le droit d'éliminer les droits humains du bébé non encore né”.
En cas de danger pour la vie de la mère, l'Eglise considère que la mère
et l'enfant ont le même droit à vivre et que tout doit être fait pour
sauver la vie des deux. |