A
l'occasion du colloque organisé
hier au Sénat par la maison médicale Jeanne Garnier, les
spécialistes ont fait le point sur le développent des soins
palliatifs en France.
Si la volonté politique,
ces dernières années, a été le développement
des structures pour faire face à la fin de vie, la réalité sur le
terrain semble tout autre. Et pourtant, il s'agit d'un sujet
primordial, puisque ces soins palliatifs représentent une réponse "efficace"
et "humaine" à ceux qui militent en faveur de
l'euthanasie.
A travers une lettre, les
spécialistes ont lancé un véritable cri d'alarme : "Selon
les chiffres du ministère de la Santé, nous sommes passés de 834
lits en unités de soins palliatifs (USP) en 2002 à 783 en 2004.
Cette situation est alarmante et la question de la mort des unités de
soins palliatifs est demain possible [...] A l'heure où le
nombre d'USP régresse, nous osons affirmer qu'il n'y a pas assez
d'unités en France, pas assez d'équipes spécialisées pour
accueillir toutes les personnes qui devraient pouvoir en
bénéficier".
Notons parmi les signataires
de cette lettre, Régis Aubry (Fédération des réseaux de santé de
Franche-Comté), Marie de Hennezel (chargée de mission au ministère
de la Santé) ou Daniel d'Hérouville, chef de service à Jeanne Garnier.
Ils estiment que certaines unités de soins palliatifs sont trop
fragiles et n'ont pas les moyens d'assurer leur mission de soin, de
formation, d'enseignement et de recherche.
Ces
spécialistes ont rappelé que les listes d'attente pour obtenir une
hospitalisation en soins palliatifs étaient de plus en plus longues
et qu'il existait une inégalité géographique sur cette question.
En France, on enregistre
chaque année 550 000 décès. 50 000 personnes disposeraient de
soins palliatifs alors que certains estiment que 150 000 personnes
pourraient en bénéficier quelques semaines avant leur mort. Les
unités de soins palliatifs ne sont pas les seuls recours : il
existe des hospitalisations à domicile en soins
palliatifs, des lits dédiés dans les hôpitaux, etc.
Aujourd'hui, cette politique
des soins palliatifs s'est imposée partout dans les pays
industrialisés. "Pour nous, elle reste et doit rester une
priorité de santé publique, tant que l'offre n'est pas suffisante
pour répondre à l'ensemble des besoins. Les unités de soins
palliatifs ne doivent pas être laissées pour compte ", ont
conclu les auteurs de la lettre. |