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Aujourd’hui,
la maison Jeanne Garnier organise, à Paris, un colloque sur les soins
palliatifs intitulé "la mort des soins palliatifs est-elle à craindre" ?
Parallèlement, le quotidien La Croix, revient sur un rapport de
la Cour des comptes en matière de politique de soins palliatifs transmis
l’année dernière au ministère de la santé et à la Société française
d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap).
Dans
ce rapport, la Cour des comptes souligne les importantes inégalités dans
l’accès à ce type de soins mais reconnaît "l’impact indéniable"
des plans nationaux mis en place ces dernières années par le ministère
de la santé. Malgré tout, la France reste "encore très éloignée"
des recommandations faites par le Conseil économique et social (CES)
préconisant cinq lits de soins palliatifs pour 100 000 habitants. Trois
nouvelles unités de soins palliatifs devraient cependant ouvrir
prochainement.
La
Cour note aussi une grande inégalité d’accès aux soins par secteur
géographique. Ce sont notamment les régions du centre et du sud-ouest
qui sont les moins bien dotées. Si la démarche palliative s’est
développée pour répondre aux besoins des malades atteints de cancer, la
moitié des décès résultant d’une maladie susceptible de nécessiter des
soins palliatifs, relève d’autres pathologies. En revanche, pour
Philippe Thomas, psycho-gériatre au CHU de Limoges "l’accès des
personnes âgées à des soins palliatifs reste scandaleusement insuffisant".
Au
ministère de la santé, on affirme aujourd’hui que les soins palliatifs
demeurent une priorité d’action. D’ici à la fin de l’année, une étude
sur les "besoins réels" de la France en matière de soins
palliatifs sera réalisée à la demande du ministre.
Le
Dr Bernard Devalois, président de la Sfap, explique dans une interview
que le nombre d’unités de soins stagne à 78. Il dénonce qu’aucun cahier
des charges précisant les missions des soins palliatifs n’ait été
défini. Il reconnaît, par ailleurs, que l’application de la loi
Léonetti les confronte à de nouvelles demandes. Les médecins connaissant
mal les nouvelles règles de cette loi, ils préfèrent confier aux soins
palliatifs les malades dont la situation est complexe sur le plan
éthique. Dans son unité de soins de Puteaux, deux lits sont réservés à
des situations découlant de l’application de cette loi et il se voit
dans l’obligation de choisir les patients. Pour lui, il faut "passer
à une démarche rationnelle de santé publique" et développer au moins
une unité de soins palliatifs par département.
A
la maison Jeanne Garnier, une vaste enquête a été réalisée auprès des
personnes ayant accompagné un de leur proche. A une très grande
majorité, ces personnes se disent satisfaites ou très satisfaites de
l’accueil qui leur a été réservé et soulignent que les équipes
soignantes savent respecter la bonne distance avec les malades. Pour ces
personnes, le temps passé à Jeanne Garnier n’est pas un temps vide, ni
un temps d’attente mais un temps d’élaboration permettant de passer du
refus de la mort à son acceptation, de se réconcilier avec ses proches,
de faire le bilan... "C’est un lieu où l’on vit intensément"
précise même certains témoignages. |