Le
comité d'éthique de l'Inserm, présidé par l'immunologiste Jean-Claude
Ameisen, vient de publier un "projet d'avis" critique sur la prochaine
mise sur le marché d'un test génétique de l'autisme afin d’ouvrir
pendant trois semaines une période de discussion autour de ce texte.
En juillet 2005, la
société de biotechnologie IntegraGen (campus de Génopole, Evry)
annonçait avoir mis au point un test génétique pour permettre un
diagnostic précoce de l'autisme et qui serait commercialisé aux
Etats-Unis en 2006. Conjointement, l'équipe de Philippi et coll. de la
société IntegraGen faisait état dans un article publié dans Molecular
Psychiatry (juillet 2005) de variations génétiques sur le chromosome
16 qui seraient corrélées, dans certaines familles, avec une fréquence
de personnes autistes plus élevée que dans la population générale.
Pour
l'Inserm, l’annonce d’un test de diagnostic génétique par la société
IntegraGen par voie de presse soulève plusieurs problèmes d’ordre
scientifique et éthique car les
fondements scientifiques de ce test n’ont pas été publiés dans des
revues scientifiques spécialisées, ne permettant pas une appréciation
objective de sa validité et de son utilité.
Ce projet d'avis
aborde les éléments de réflexion concernant notamment les problèmes
posés par la notion de déterminisme génétique et de médecine prédictive
(en particulier la confusion entre facteurs de risque et diagnostic,
entre médecine prédictive et médecine préventive), les problèmes liés à
la validation des tests génétiques et du conflit d'intérêt entre
chercheurs et industriels.
Consulter en ligne
le projet d'avis concernant l’annonce de la commercialisation prochaine
d’un test génétique de diagnostic précoce de l’autisme (Inserm). |