Le
15 juin dernier le Parlement européen adoptait le financement
communautaire de la recherche sur l'embryon à 284 voix contre 249,
trente-cinq voix qui ont fait la différence...
Les débats ont été
vifs. Ari Vatanen, ancien champion de rallye automobile et aujourd'hui
eurodéputé français du Parti populaire européen (PPE), a voté contre ce
financement. "Un embryon, qu'il ait un jour, dix jours, quatre mois
ou six mois, est une personne. Ce n'est pas une question de taille ou
d'âge", rappelle-t-il à cette occasion. La député française Anne
Laperrouze membre de l'ADLE (autre parti européen de droite) a voté pour
car, selon elle, la recherche sur les cellules souches embryonnaires "constitue
un saut considérable dans l'avancée de la médecine".
Miroslav Mikolasik,
député slovaque du PPE, remarque qu'aucun député de l'UMP n'a voté
contre... Le vrai problème, estime-t-il, est le poids des lobbies et "les
lobbies pro-life n'ont pas de moyens suffisants. Ils sont sympathiques
et enthousiastes mais leurs moyens sont dérisoires. (...) Je suis
persuadé qu'un tel vote est en grande partie le résultat d'un manque
d'information et de formation des parlementaires sur ces questions".
Pour Elizabeth Montfort, ex-député européenne, l'entêtement pour les
recherches sur les cellules souches embryonnaires au détriment, par
exemple, de la recherche sur les cellules souches adultes est "une
histoire de gros sous".
Jean-Marie Le
Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, qui a condamné ces
premières autorisations françaises de recherche sur l'embryon (cf.
revue de presse du 23/06/06), fait remarquer que ces autorisations
contournent la loi de bioéthique de 2004. "J'ai étudié les dossiers
des 6 équipes : aucune n'entreprend ces recherches à des fins
thérapeutiques. Mais toutes à des fins de recherche fondamentale et de
"pharmacologie". C'est à dire pour faire des essais de médicaments sur
des embryons". Or la loi prévoit une autorisation de telles
recherches qu'à titre dérogatoire et pour une période limitée à cinq ans
et uniquement "lorsqu'elles sont susceptibles de permettre des
progrès thérapeutiques majeurs et à la condition de ne pouvoir être
poursuivies par une méthode alternative". |