Véronique
Margron, théologienne, revient sur l'acquittement de Jensen Morgen (cf.
revue de presse du 15/06/06).
Elle souligne la douleur et la souffrance de cet homme face à la maladie
effroyable de sa jeune épouse. En même temps, elle "éprouve un
malaise à l'instrumentalisation de cette détresse".
Elle rappelle que la médecine
est là pour soulager les douleurs et non pour abréger la vie. La
question centrale est celle de l'intention qui doit être mise au coeur
de la réflexion sur l'accompagnement du mourant . "Apaiser la douleur
au risque de la mort ne relève pas de la même intention qu'induire la
mort pour supprimer cette souffrance". La loi et le droit
doivent soutenir "l'intention intègre de soulager jusqu'au bout".
Si la loi venait à autoriser à
donner la mort,il faudrait s'inquiéter pour les plus faibles qui n'ont
personne pour les défendre car il seront vite considérés "définitivement
de trop"... Aucune loi ne peut décider qui doit mourir.
Pour Véronique Margron, "ne
pas contrôler la mort, c'est en reconnaître le mystère". Face à ceux
qui revendiquent de "mourir debout ou les yeux ouverts", elle
montre plus de modestie face à la mort qui "en pareilles
circonstances est désolation, terrible épreuve et question abyssale".
La compassion "est d'abord de se battre contre le mal, de soutenir
nos frêles existences jusque dans leur ultime souffle, de les estimer
dignes et importantes (...)".
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