Lors
du congrès Gynovations 2006, a été abordé le thème du dépistage de la
trisomie 21. "Une société, une nation, peut-elle autoriser, voire
organiser, un tel dépistage ?".
Les journaux
Nice-Matin et Var-Matin se font l'écho de ce congrès. Titre et
sous-titre de l'article donnent le ton général : "Dépistage de la
trisomie 21 : le retard coupable de la France" et "Malaise - un
millier d'enfants trisomiques naissent chaque année en France".
De nombreux
participants au congrès disent déplorer que le système du dépistage en
France soit "complètement dépassé", "une vraie passoire"
et permette la naissance chaque année d'un millier d'enfants
trisomiques. Le Dr Patrick Rozenberg (CHI Poissy) prône l'utilisation
des tests britanniques qui permettent de limiter le nombre
d'amniocentèses (toujours à risques) et qui sont beaucoup plus
sensibles.
Le journaliste
interview le Dr Hélène Stora de Novion, généticienne et cytogénéticienne
au laboratoire Genazur de Nice, qui n'hésite pas à dire : "En France,
c'est l'horreur dans le domaine du dépistage de la trisomie 21".
Elle juge qu'on pourrait mieux dépister la trisomie 21 et déplore que
notre pays ne s'y engage pas. Pour elle, il n'y a pas d'eugénisme mais
seulement le "drame" pour les parents de la naissance d'un tel
enfant. "Qu'ils nous donnent leur adresse tous ceux qui sont contre
le dépistage d'enfants trisomiques, ils se chargeront de les élever...".
A la naissance, 20
% des enfants trisomiques sont confiés à l'adoption, "un drame dans
le drame, pour les enfants et les parents", juge le journaliste.
NDLR : Les
familles d'enfants trisomiques ne manqueront pas de trouver cet article
violent. Comment ne
pas s’inquiéter de cette volonté de dépistage systématique qui ne
laissera aucune place à la personne trisomique 21 dans notre société, ni
aucun espoir à la recherche ? Quand la société s'intéressera-t-elle
enfin aux recherches scientifiques thérapeutiques en faveur de ces
patients ? |