Jean
Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie, est questionné sur le cas
de Morten Jensen, jugé pour euthanasie et acquitté (cf.
revue de presse du 15/06/06).
A
ses yeux, cette affaire ne justifie pas une révision de la loi sur la
fin de vie car "aucune loi ne résoudra tout". Satisfait de
l'acquittement de Morten Jensen -"un geste impulsif, compréhensible
et excusable" - il considère qu'il n'est pour autant "pas
possible d'ériger son acte en loi universelle". Pour lui, le corps
médical n'est pas assez "imprégné" des règles de bonnes pratiques
en matière de soins palliatifs. La mort d'un malade ne peut être
accélérée "parce que l'entourage du mourant ou l'équipe soignante
n'en peut plus".
Le Monde revient sur l'acquittement de Morten Jensen.
L'avocat général réclamait au nom d'un "juste équilibre entre la
nécessité humanité et le rappel à la loi" une "peine de principe"
de deux ans de prison avec sursis. Il a prévenu les neuf jurés (huit
femmes et un homme) : "Mesurez bien la portée de votre décision.
Acquitter, ce serait dépénaliser l'euthanasie active, aller au-delà des
législations les plus permissives qui existent dans ce domaine en Europe".
Le Président de la Cour, touché par cette affaire de "passion et de
compassion", a déclaré "la matérialité et la finalité de l'acte
sont reconnues, le problème est ailleurs"...
Pierre-Yves
Le Priol, dans La Croix, déplore "la culture compassionnelle"
de la télévision face à l'euthanasie. Il met notamment en cause le
reportage de Soir 3 sur l'acquittement de Morten Jensen et
dénonce l'instrumentalisation de l'envoyée spéciale (consciente ou non)
par des militants pro-euthanasie, présents au procès. Dans le reportage,
Morten Jensen est présenté comme "un héros", un "exemple à
suivre". La
journaliste s'est laissée "submerger par le pathos et les bons
sentiments" si bien que son reportage manquait de recul, de
distance. J.Y Le Priol félicite la présentatrice Marie Drucker d'avoir
donner la parole en contrepartie au philosophe Jacques Ricot "très
réservé sur cette affaire" et qui a bien remis en perspective la
question de "l'interdit du meurtre".
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