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Les
eurodéputés ont approuvé, jeudi 15 juin, l'enveloppe budgétaire du 7ème
programme-cadre de recherche communautaire. Doté de plus de 50 milliards
d'euros pour la période 2007-2013, contre les 72,723 prévus
initialement, le nouveau budget est en hausse par rapport au programme
précédent (16, 279 milliards d'euros).
Concernant
la recherche
sur les cellules souches embryonnaire, les
députés ont suivi la commission de l'Industrie (cf.
revue de presse du 06/06/06) et ont voté, à 284 voix pour et 249
contre, pour le financement communautaire de la recherche sur les
cellules souches humaines, qu'elles soient adultes ou embryonnaires, en
fonction à la fois du contenu du projet scientifique et de la
législation des états-membres impliqués.
Le
débat dans l'hémicycle a montré de forts clivages sur cette question.
Les italiens, polonais ont voté en majorité contre, les français et
britanniques pour, les allemands étaient très divisés. L'élue verte
allemande Hiltrud Beyer a expliqué "si des embryons sont considérés
comme de véritables matériaux de transformation, nous sommes peut être à
une rupture éthique" et a dénoncé les risques de dérive vers le
clonage humain.
L'amendement
demandant que le financement de la recherche soit limité aux lignes de
cellules souches embryonnaires créées avant le 31 décembre 2003 a été
rejeté par le Parlement, par 274 voix contre, 255 voix pour et 35
abstentions. Un autre amendement, appelant à l'interdiction du
financement par le 7e programme de l'utilisation d'embryons et de
cellules souches embryonnaires à des fins de recherche scientifique a
été rejeté, par 287 voix contre, 238 pour et 40 abstentions.
Il
appartient désormais au Conseil européen des Ministres de la Recherche
d'adopter la décision finale.
Or un certain nombre d'états-membres s'oppose à ce financement
(Autriche, Pologne, Slovaquie, Malte, Portugal...)
Lors
du 6ème programme cadre (2000-2006), la question du financement des
recherches sur les cellules souches embryonnaires avait également été
très débattue. Finalement, l'Union européenne finançait de telles
recherches dans les pays qui l'autorisaient, les lignées de cellules
souches embryonnaires devant avoir été créées avant 2003. Aucun fond
communautaire ne pouvait être alloué aux recherches sur le clonage
thérapeutique. L'an dernier, l'Union européenne a financé 6 programmes
sur les cellules souches embryonnaires.
Le COMECE, assemblée des évêques européens, s'est dit "consterné"
par le vote du Parlement. Il a rappelé que s'opposer à
l’instrumentalisation de la vie humaine et à son utilisation comme
matière première n'est pas "uniquement une position catholique"
car "scientifiquement, il n’existe aucune
raison morale pour distinguer un embryon aux prémices de sa vie et un
embryon après son implantation dans l’utérus ou après 14 jours".
Toute vie humaine commence à sa conception et nécessite une protection
particulière quand elle est créée en dehors du corps de la femme.
Pour le COMECE, l'Union européenne a un "devoir moral" de
ne pas financer la recherche sur les cellules souches embryonnaires,
interdites dans certains états-membres. Face au budget limité de la
recherche, les évêques regrettent que soient monopolisés des fonds pour
la recherche sur les embryons humains au détriment d'autres projets de
qualité. Ils ont réaffirmé leur soutien envers le financement
communautaire de la recherche sur les cellules souches adultes.
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