Le
quotidien Le Monde mène l'enquête sur les volontaires qui testent
les médicaments (nombreux témoignages) et les protocoles pratiqués dans
les centres d'essais.
Avant de lancer un
protocole d'essai d'un médicament sur l'homme, le laboratoire fabricant
doit attendre l'autorisation de l'Afssaps (Agence française de sécurité
sanitaire des produits de santé) et l'avis favorable d'un comité
d'éthique.
En France, la loi
interdit aux volontaires de toucher plus de 3 800 euros d'indemnités par
an. Entre deux protocoles, une période d'exclusion de plusieurs mois
doit être respectée. Les volontaires sont nombreux. Le centre privé
Optimed, installé à Grenoble, a employé en 2005 près de 1 000
volontaires. Il dispose d'un fichier de plus de 12 000 noms. Afin
d'empêcher "la triche", le ministère de la santé tient un registre
informatique national sur tous les volontaires, la date, la durée de
leur protocole et le montant de l'indemnisation reçue. Les contrôles
sont aisés car il n'y a en France qu'une dizaine de centres privés et
une petite vingtaine de centres publics autorisés à mener des essais dit
de phase I. Les essais de phase I sont pratiqués sur des personnes
volontaires "ne tirant aucun bénéfice thérapeutique" du
médicament. Les essais de phase II concernent les essais sur volontaires
malades.
Selon l'Afcro,
association de centres d'essais privés français, en 2005 il s'est tenu
en France 225 essais de phase I, ce qui représente plus de 10 000
volontaires. Une étude portant sur 9 928 volontaires de 2005 montre que
35 ont déclaré des effets secondaires, donc 5 réellement graves. Le Dr
Donazzolo, responsable du centre Optimed, estime qu'en 20 ans une
douzaine de volontaires seraient morts suite à des essais, aucun en
France. Tous auraient été victimes de leur propre imprudence.
Le cas de six
anglais tombés gravement malades après la prise d'un nouveau médicament
(mars 2006) est très suivi par les professionnels de ce secteur. Le Dr
Donazzolo explique que ce médicament, issu du génie génétique, est un
anticorps "humanisé", c'est à dire qu'il est conçu spécialement pour
agir sur des récepteurs humains. Les tests sur les animaux sont donc
moins pertinents. |