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Le
rapport "Cellules souches et choix éthique" que le député
Pierre-Louis Fagniez (UMP) a rendu public jeudi 27 juillet (cf.
Revue de presse du 27/07/06),
a suscité de nombreuses réactions. Dans la perspective de la révision de
la loi de bioéthique de 2004, prévue en 2009, le rapport recommande
notamment la légalisation du clonage "thérapeutique", qu'il
souhaite rebaptiser "transfert nucléaire".
Pour Axel Kahn,
directeur de l'Institut Cochin de génétique moléculaire, défendre le
clonage thérapeutique au nom des avancées thérapeutiques est : "un
argument médical qui relève du pur lobbying". "L'intérêt de la
méthode est purement scientifique, c'est de la recherche fondamentale,
il faut arrêter d'utiliser le terme de "clonage thérapeutique"
ajoute-t-il. Ce que ne dément pas Pierre-Louis Fagniez selon qui : "Les
exemples étrangers montrent que cette technique [le clonage
thérapeutique] est très complexe et difficile à maîtriser. Sans
urgence, il est nécessaire que les chercheurs français puissent acquérir
un savoir-faire, des méthodes et participer à cet élan du XXIe siècle".
Le rapporteur
note aussi que les recherches sur les cellules souches embryonnaires,
obtenues par destructions d'embryons, posent des problèmes éthiques,
contrairement aux recherches sur les cellules souches adultes.
Selon le
journal Le Monde, Dominique de Villepin aurait "félicité"
le député Fagniez et se serait déclaré favorable à l'ensemble des
recommandations formulées dans ce rapport. Le Premier ministre a demandé
aux ministres de la Santé et de la Recherche de lui remettre, avant fin
octobre, "des propositions pour renforcer l'information et la
formation sur les enjeux éthiques de l'évolution des sciences du vivant".
Toujours selon Le Monde, Jacques Chirac ne s'opposerait plus à
ces nouvelles voies de recherche, alors qu'il s'était déclaré
publiquement contre le clonage en 2001.
Ce rapport a engendré de vives
réactions. Christine Boutin, les Associations familiales catholiques (AFC),
l'Alliance pour les Droits de la Vie (ADV) et la Fondation Jérôme
Lejeune se sont élevées contre cette "instrumentalisation de la vie
humaine". La Fondation Jérôme Lejeune en appelle notamment à la
responsabilité des scientifiques et des politiques.
Dans un
communiqué, la Conférence des Évêques de France estime que la
proposition de Pierre-Louis Fagniez, de vouloir "passer d'un régime
dérogatoire à un régime d'autorisation" des recherches sur l'embryon
n'est qu'une fuite en avant. Mgr Lalanne, secrétaire général, se
félicite que "l'alibi "thérapeutique" soit écarté", mais juge "abusif
de prétendre résoudre une question éthique majeure en se contentant de
modifier la terminologie, en parlant de "transfert nucléaire somatique"
plutôt que de "clonage thérapeutique". Renvoyant à la
déclaration du Cardinal Jean-Pierre Ricard du 29 juin 2006, il note
que "le récent débat international montre que beaucoup ne peuvent se
résoudre à "la réduction de l'embryon humain à l'état de moyen".
"Aucun des
candidats déclarés à l'élection présidentielle n'a encore clairement
pris position sur ce thème. Tous devront, bientôt, s'y résoudre"
conclue Le Monde. |