|
Après
des discussions difficiles, le Conseil des ministres est parvenu à un
accord, lundi 24 juillet, sur le financement européen de la recherche
sur les cellules souches embryonnaires (cf
Revue de presse du 25/07/06).
Le 7ème Programme-cadre de recherche et de développement (PCRD) devrait
donc être adopté. Le projet sera examiné en deuxième lecture par le
Parlement à l'automne.
La décision du
Conseil des ministres dit premièrement qu'il est interdit au chercheur
de supprimer l'embryon humain pour en extraire les cellules souhaitées.
Mais en second point, elle affirme que le chercheur peut avoir recours à
des lignées de cellules produites par d'autres. Il est aussi précisé que
le clonage humain à des fins reproductrices, la création d'embryons
uniquement dans des buts de recherche et les activités visant à modifier
de façon importante l'héritage génétique des êtres humains seront exclus
des financements communautaires.
La Pologne,
l'Autriche, Malte, la Slovaquie et la Lituanie ont rejeté cette
proposition, refusant de "battre en brèche les principes d'éthique
les plus fondamentaux" selon le ministre polonais Michal Sewerynski.
La Grande-Bretagne, la Suède, l'Espagne, le Portugal et la France, ont,
eux, plaidé pour ce projet. "On ne peut pas imaginer que l'Europe
prenne du retard" a déclaré François Goulard, ministre français de
la recherche. L'Allemagne, l'Italie, la Slovénie et le Luxembourg ont
finalement accepté ce qu'ils considèrent comme un compromis.
Le compromis
porte sur les modalités de recherche sur les cellules souches
embryonnaires. Sous la pression de l'Allemagne qui interdit à ses
chercheurs de créer de nouvelles lignées de cellules souches
embryonnaires, la Commission européenne s'est engagée à ne pas présenter
de programme de recherche impliquant la destruction d'embryons humains.
Dans Zenit,
Mgr Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la Vie, revient
sur la décision du Conseil des ministres. Cette mesure interdit au
chercheur de supprimer l'embryon humain pour en extraire les cellules
souhaitées. Mais elle précise que ce chercheur - ou d'autres chercheurs
- peut avoir recours à des lignées de cellules produites par d'autres :
d'autres qui ont, naturellement, supprimé des embryons - qu'ils soient
ou non issus de fécondations artificielles, mais de toute façon des
embryons vivants - et qui à partir de ces embryons ont produit des
lignées de cellules ensuite commercialisées. "On établit donc une
convergence d'intérêts entre celui qui vend et prépare les lignées de
cellules et celui qui achète" note Mgr Sgreccia. Enfin, cette
décision prévoit que l'on peut établir des protocoles de recherche
visant à utiliser les embryons déjà congelés qui ne peuvent plus être
implantés, après avoir constaté la mort des embryons. Mgr Sgreccia
souligne que : "pour vérifier la mort de ces embryons congelés, il
est nécessaire de les décongeler, processus au cours duquel certains
meurent". "On ne voit donc pas comment il est possible
d'emprunter cette voie sans provoquer des suppressions d'embryons"
a-t-il conclu, relevant "l'hypocrisie, la discordance, d'une décision
au caractère contradictoire".
Le Vatican a
lui aussi dénoncé cet accord jugé "macabre". Libération
cite L'Osservatore Romano, journal officiel du Vatican : "Les mêmes
phrases, les mêmes concepts sont repris par ceux qui sont ponctuels à
leur rendez-vous macabre lorsqu'il s'agit de supprimer la vie. Le
discours non plus n'a pas changé : au temps du divorce, on parlait
d'entrer dans un "espace de progrès" ; pour l'avortement, on a préféré
[...] brandir un obscur "progrès de la civilisation", comme si la
civilisation pouvait progresser en tuant un être vivant auquel on
ne reconnaît aucun droit". |