A
propos des premières autorisations en France de recherche sur l'embryon,
Mgr André Vingt-Trois a appelé les chrétiens et les hommes de bonne
volonté, sur les ondes de Radio Notre-Dame le 23 juin dernier, à "ne
pas accepter le silence, à ne pas accepter qu'il y ait une conspiration
pour faire passer en douceur, à la faveur du début de l'été, une mesure
qui a des conséquences tout à fait dramatiques pour l'avenir de l'espèce
humaine". La question à se poser est la suivante : sommes-nous prêts
à tout mettre en oeuvre pour nous engager à défendre la dignité de tout
être humain, qu'il soit un embryon ou un vieillard en fin de vie ? Il
attend des chrétiens qu'ils demandent aux futurs candidats des
présidentielles de s'engager sur ces questions.
Dans le magazine Paris
Notre-Dame, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme
Lejeune, explique pourquoi ces autorisations ont un caractère nouveau
alors même qu'elles sont permises par la loi."Certes, la loi autorise
mais elle n'oblige en rien. Entre l'autorisation législative générale et
le feu vert donné par l'Agence de biomédecine aux chercheurs, il y a
juste l'espace de la conscience".
Frédérique de Watrigant,
rédactrice en chef de Paris Notre-Dame,
fait remarquer que la France entre "dans
le club des nations qui traitent l'être humain comme un matériau de
laboratoire". Les lois de bioéthique votées en 2004 interdisent en
principe la recherche sur l'embryon mais l'autorisent à titre
exceptionnel. Cette situation "ubuesque" donne "sans doute
bonne conscience aux parlementaires, mais cela nous donne une bonne
raison de ne pas les réélire", estime F. de Watrigant.
Il se tient actuellement à Valence
(Espagne) la 5ème Rencontre mondiale des familles. Un enjeu important
pour l'Église explique Mgr Karl Josef Romer, secrétaire du Conseil
Pontifical pour la famille : "nous sommes préoccupés par la tendance
des hommes politiques à s'emparer de dossiers complexes comme ceux des
filiations, des structures familiales, des recherches sur l'embryon. On
ne bouleverse pas la société comme on décide de la construction d'un TGV
!". Dans un discours du 6 juin 2005, Benoît XVI expliquait : "nous
savons bien que, pour une oeuvre d'éducation authentique, il ne suffit
pas d'une théorie juste ou d'une doctrine à transmettre. Il faut quelque
chose de beaucoup plus grand et humain, de la proximité, quotidiennement
vécue, qui est propre à l'amour et qui trouve son milieu le plus propice
avant tout dans la communauté familiale". |