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Chaque
année, 5 % des couples suivent un traitement d'infertilité, dont 35 %
par fécondation in vitro (FIV). 15 % des couples en âge de
procréer sont infertiles dont 3 % présentent une stérilité.
Lors d'un débat organisé
par la Mgen (Mutuelle générale de l'éducation nationale) sur
"Procréation, parentalités, nouvelles questions éthiques", le Pr
François Thépot, adjoint du directeur médical et scientifique de
l'Agence de biomédecine, a déclaré "gérer la fécondation in vitro,
c'est gérer les échecs".
Les actes relatifs à
l'assistance médicale à la procréation (AMP) sont pris en charge par la
Sécurité Sociale avant le 43ème anniversaire de la femme, dans la limite
de six tentatives d'insémination et quatre de FIV.
Les questions éthiques se
sont multipliées parallèlement à l'évolution de l'AMP. Pour le Pr Claude
Sureau, gynécologue obstétricien, membre du Comité Consultatif National
d'Ethique (CCNE), les médecins doivent trouver un "équilibre entre la
satisfaction de certains désirs parentaux et l'intervention publique"
qu'il juge parfois trop directive comme l'interdiction du transfert
d'embryon post-mortem (après le décès du père). "Que doit-on faire
alors des embryons orphelins ?"
L'AMP, si elle est source
d'espoir, s'accompagne également de contraintes et de désillusions. "Nous
sommes obligés de tout programmer. C'est complètement déshumanisant"
témoigne une femme qui en est à sa troisième tentative. Pour une autre,
l'image de la féminité est fanée, elle se compare "à une grosse vache"
qu'on insémine.
Si les chances de réussite
ont bien augmenté, "nous ne pouvons pas faire mieux que la nature"
explique le Pr Pierre Jouannet, chef de service de biologie de la
reproduction de l'hôpital Cochin. Selon le code de déontologie, un
médecin peut refuser une demande d'assistance médicale à la procréation
quand il la juge déraisonnable.
D'ici l'été 2006, l'agence de biomédecine doit
publier les premiers résultats de l'AMP en France. Elle a également la
charge du suivi à long terme des femmes et des enfants nés par AMP. Un
tel suivi pose la question du respect du secret et de l'anonymat, sur
laquelle le CCNE doit rendre prochainement un avis. |