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Le
Dr Xavier Mirabel, cancérologue et président de l'Alliance pour les
Droits de la Vie, analyse les questions assez complexes qui se posent
dans les cas de mort du "type Vincent Humbert".
Après avoir reçu de sa mère l'injection de
barbiturique qui se voulait fatale, Vincent Humbert allait-il
inéluctablement mourir ?
Si oui, explique le Dr Mirabel, l'arrêt de ventilation peut être
légitime car elle peut alors être considérée comme un traitement
disproportionné. Cet arrêt doit être accompagné de traitements de
confort (soulagement de la douleur, de la sensation d'étouffement...).
Dans cette hypothèse, estime le Dr Mirabel, "le docteur Chaussoy n'a
fait qu'un seul geste illégitime : l'injection létale", qui est
récusée par la déontologie médicale et la communauté des réanimateurs.
S'il était encore possible de sauver Vincent, "l'arrêt de
ventilation ne peut être si facilement accepté". Soit la ventilation
a été arrêtée sur la volonté supposée de Vincent, soit cet arrêt a
résulté d'une volonté euthanasique sous la pression de l'opinion
publique, des médias et de la famille. Dans ce cas, "le docteur
Chaussoy aurait déposé consécutivement deux gestes fatals sur Vincent".
Le Dr Mirabel montre comment Marie Humbert et
son fils se sont coupés de l'aide des soignants et de leur proposition
de vie en s'entourant de militants pro-euthanasie et de journalistes.
Dans ces situations, le Dr Mirabel juge qu'il y a un devoir d'assistance
à personne en danger qui nécessite des mesures de sauvegarde qui peuvent
aller jusqu'à alerter la justice.
Le Dr Mirabel souligne que si individuellement,
"chaque professionnel a témoigné d'un grand dévouement", "collectivement,
on peut s'interroger sur la faille d'un système qui n'a pu empêcher le
passage à l'acte annoncé". L'équipe soignante de Berck a été accusée
d'acharnement thérapeutique ce qui l'a paralysée. Pour autant la justice
a sa part de responsabilité, car le procureur de la République a
plusieurs fois été alerté des menaces qui pesaient sur la vie de
Vincent.
Le Dr Mirabel revient sur les traitements posés,
dans l'urgence, après un grave accident. Comment éviter qu'ils soient
disproportionnés ? Comment faire valoir la liberté du patient de refuser
un lourd traitement (si tant est qu'il est conscient) ? Pouvons-nous
encore progresser dans le pronostic de vie d'une personne après une
lourde réanimation ? Pour le Dr Mirabel, "il faut s'interroger sur
les dérives d'une médecine technicisée à outrance, au point, en certains
cas, de paraître inhumaine en imposant sa technique sans être capable
d'en assurer les conséquences".
La loi sur la fin de vie recèle une faille, note
le Dr Mirabel, celle de considérer l'alimentation et l'hydratation comme
des traitements alors que ce sont des soins de base. Un traitement peut
se refuser ou être interrompu, un soin est toujours dû. L'arrêt conjoint
de l'alimentation et de l'hydratation constitue un protocole
euthanasique, qu'autorise la loi française sur la fin de vie. |