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Selon
les chiffres publiés par l'Isaaa, les surfaces cultivées avec des
organismes génétiquement modifiés (OGM) sont en forte croissance dans
les pays en voie de développement. Ainsi en 2005, leurs surfaces ont
augmenté de 11 %, soit 90 millions d'hectares répartis dans 21 pays.
Néanmoins la hausse s'est ralentie en 2005 par rapport à 2004 (où elle
était de 20%), 2003 (15 %), 2002 (12 %) et 2001 (19%).
L'Isaaa (International Service for the
Acquisition of Agri-biotech Applications) est une fondation américaine
soutenue financièrement par des grandes firmes agrochimiques mondiales (Monsanto,
Syngenta, DuPont, Novartis, etc.).
Les principales productions concernées sont le
soja (60% des superficies totales), le maïs (24%), le coton (11%) et le
colza (5%). Il s'agit surtout de variétés résistantes à des herbicides,
pour 71 % des surfaces, ou aux insectes, pour 18 %.
D'après l'Isaaa, 8,5 millions d'agriculteurs ont eu recours l'an
passé à ces OGM, soit 250 000 de plus qu'en 2004, principalement dans
les pays en développement.
En Chine, 6,4 millions de paysans ont ensemencé quelques 3,3
millions d'hectares de coton transgénique Bt, soit une moyenne de 0,5
hectares par exploitation.
En Inde, les surfaces ont quasiment triplé en un an passant de
500 000 à 1,3 million d'hectares cultivés par un million d'agriculteurs.
Même scénario en Afrique du Sud.
C'est au Brésil que l'Isaaa enregistre la plus forte hausse en
volume avec 9,4 millions d'hectares de soja contre 5 millions en 2004 (+
88%).
Les Etats-Unis sont les premiers exploitants d'OGM avec 55 % des
surfaces transgéniques cultivées, suivis par l'Argentine (19 %) et le
Brésil (10 %).
Quatre nouveaux pays, le Portugal, la France, la République
tchèque et l'Iran, ont commencé la culture de plantes transgéniques en
2005 sur des superficies de moins de 50 000 ha.
Selon Clive James, principal chercheur de l'Isaaa, l'avenir des
OGM dépend de la Chine : "Quand elle les aura acceptés, ce que je
crois qu'il arrivera, les OGM se répandront dans toute l'Asie",
a-t-il déclaré, mercredi 11 janvier, lors d'une téléconférence de
presse.
De son côté, l'Association internationale des
Amis de la Terre publie un rapport critique à l'occasion des dix ans de
la commercialisation des OGM. "Ces dix années ont montré que la
sûreté des OGM ne peut pas être assurée et que ces cultures ne sont ni
moins chères ni de meilleure qualité", indique Nnimmo Bassey dans un
communiqué. Pour l'association, la croissance des OGM découle en grande
partie des "stratégies agressives de l'industrie biotechnologique". |