Laurence
Tramois, la médecin qui vient d'être envoyée devant la cour d'assises de
Dordogne pour complicité d'empoisonnement
(cf revue de presse du 06/01/06) réagit aujourd'hui dans le
quotidien le Figaro. Elle se dit choquée et surprise de ne pas
avoir obtenu un non-lieu comme dans l'affaire de Vincent Humbert. "Il
y a deux poids, deux mesures" estime-t-elle.
Le procureur de la république de Périgueux a refusé de faire
le lien entre les 2 affaires. "Ici, nous ne sommes pas dans un
dossier d'euthanasie passive. Il y a eu une décision solitaire du
médecin, qui a donné des prescriptions directement sans consulter la
famille" explique-t-il.
Louis Puybasset, professeur d'anesthésie-réanimation au groupe
hospitalier Pitié-Salpétrière revient sur la réaction de Marie Humbert
lorsqu'elle a appris son non-lieu. Il considère que la loi Leonetti
d'avril 2005 a pour objectif d'assurer dignement la fin de vie. En
revanche, si on veut légaliser le suicide assisté, il rappelle que
"tuer n'est pas et ne sera jamais un acte médical". Il considère, à
voir la réaction et la revendication de Madame Humbert, que la mort de
Vincent a été instrumentalisée par les adeptes de l'euthanasie. Il
rappelle d'ailleurs les propos des médecins rééducateurs de Vincent
Humbert qui soulignaient qu'au moment du décès de Vincent, le plan média
avait été tellement énorme qu'ils avaient eu "l'intime conviction"
qu'un mouvement militant très expérimenté dirigeait les opérations.
Enfin, dans le quotidien Le Monde, un lecteur réagit à
l'expression "Mourir dans la dignité". Il s'interroge sur ce qui
constitue l'essentiel de l'homme : "parce que quelqu'un souffre,
parce qu'il est un malade atteint de détérioration cérébrale, parce
qu'il est totalement démuni et dépossédé, est-il moins digne d'être un
homme ?". Il considère que la vraie dignité consiste à témoigner du
respect à un malade. "Faudra-t-il arriver à dresser la liste des
états indignes dans lesquels on jugera que se trouve un malade pour
décider de sa mort ?" conclut-il. |