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Le
magazine La Vie revient sur l'affaire du chercheur Coréen Hwang
Woo-suk. L'éditorialiste Max Armanet explique que dans ce dossier les
enjeux médiatiques et financiers sont tels que la découverte d'autres
fraudes est aujourd'hui prévisible. Il reconnaît que les recherches sur
les cellules souches adultes sont plus prometteuses dans une perspective
thérapeutique mais beaucoup moins "excitantes !". Le mensonge de
Hwang Woo-suk s'explique par la compétition sur le clonage que se
livrent les laboratoires et les pays du monde entier.
En France cette affaire intervient à un moment
clé du débat puisque le 22 novembre dernier, une journée d'auditions
publiques avaient été organisée à l'Assemblée nationale par le député
Alain Claeys où il s'était largement prononcé en faveur du clonage.
Cette supercherie devrait donc stopper ces
revendications sans pour autant clore le débat car "au delà des
problèmes de faisabilité demeure la question éthique fondamentale :
peut-on créer un embryon humain afin de l'utiliser pour soigner un
malade?".
Carine Camby, directrice de l'agence de
biomédecine réagit elle aussi à cette affaire. Elle estime que les
conséquences de cette affaire seront importantes au sein de la
communauté scientifique, et pour les États qui "à la suite de
l'annonce des résultats coréens avaient ouvert une réflexion en vue
d'autoriser le clonage thérapeutique". Aujourd'hui les discussions
sur la nécessité d'autoriser les recherches dans ce domaine sont
stoppées. Pour elle, cet évènement ne remet pas en cause la recherche
sur l'embryon. Au contraire, "il pourrait inciter des équipes à
développer les recherches sur des embryons surnuméraires puisque le
clonage thérapeutique se révèle plus difficile que prévu".
Elle rappelle que le décret autorisant la
recherche sur l'embryon doit paraître en janvier et explique qu'il
s'agit d'un système de dérogation : "Les recherches" doivent
"permettre des progrès thérapeutiques" et ne peuvent être accordées
que "s'il n'existe pas d'autres alternatives possibles, en utilisant
par exemple des cellules souches adultes."
Quant à Jean-Claude Guillebaud, auteur en 2001
du "Principe d'humanité", et en 2003 du livre "Le goût de
l'avenir", il met en garde contre les idéologies qui parasitent la
science. Comme il y a eu le "tout génétique", il y a le "tout
clonage"... : "Sur cette science-là [ la génétique] s'était
greffée ce qu'il faut bien appeler une idéologie, avec son pathos
et sa suffisance. C'est cette idéologie que l'affaire de Corée nous
invite aujourd'hui à questionner fermement". |