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Le
procureur de la République de Périgueux, Claude Bellanger, a annoncé
jeudi 5 janvier qu'une infirmière et une médecin, mises en examen pour
une affaire d'euthanasie, avaient été renvoyées devant les assises
respectivement pour empoisonnement et complicité d'empoisonnement.
Le 23 décembre dernier, le procureur s'était
prononcé pour la tenue d'un procès, refusant d'exonérer les deux mises
en examen bien que les deux inculpées, le Dr Laurence Tramois et
l'infirmière Chantal Chanel, avaient évoqué de "fortes contraintes
émotionnelles".
L'affaire remonte au 25 août 2003, à l'hôpital
de St Astier (Dordogne). Le Dr Tramois ordonne une injection mortelle de
potassium sur une patiente de 65 ans cancéreuse en phase finale,
pratiquée par l'infirmière.
Selon le parquet, à aucun moment, l'avis de la
victime et de sa famille a été recueilli. Affirmation contestée par la
défense, qui explique que la patiente faisait partie de la famille par
alliance de la médecin et qu'aucun membre de la famille n'a porté
plainte.
Quelques jours seulement après que le procureur
de Boulogne-sur-Mer ait requis un non-lieu dans l'Affaire Humbert,
l'avocat de la médecin fait appel : "cela fait un peu désordre, sur
un sujet aussi sensible que l'euthanasie, d'avoir deux dossiers aussi
similaires qui débouchent sur des décisions discordantes."
Interrogée hier sur France 2, le Dr Tramois
déplore : "il y a une justice à deux vitesses : celle où on fait
intervenir la médiatisation et où on obtient le non-lieu et celle où on
vous demande de vous taire, on vous explique que si vous ne dites rien,
tout se passera bien, tout va s'arranger et puis résultat des comptes,
il y a un renvoi aux assises".
Hier, l'entourage du Garde des Sceaux objectait
: "la justice, qui est humaine, n'a pas vocation à rendre des
décisions qui vont toujours dans le même sens, alors que chaque affaire
est unique". |