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Isabelle
Dinoire, la jeune femme qui s'est fait greffer le visage, est apparue
hier en conférence de presse aux côtés des Professeurs Dubernard et
Devauchelle qui l'avait opérée.
I. Dinoire, 38 ans, est revenue sur son accident
et sur les raisons qui l'ont conduite à accepter une telle intervention.
Les médecins ont donné une explication technique de la greffe (quinze
heures au bloc opératoire) et sont revenus sur l'état de la réaction
immunologique.
Deux mois après sa greffe du "triangle
nez-lèvres-menton", la patiente suit toujours un traitement
immunosuppresseur lourd. Au 18ème jour après la greffe, une alerte de
rejet a eu lieu mais a été traitée. Le Pr Dubernard précise : "la
peau est la cible d'un rejet sévère. Aussi pour accroître la tolérance
du greffon, nous avons ajouté au traitement anti-rejet des greffes de
cellules souches de moelle osseuse prélevées chez la donneuse".
Aujourd'hui, Isabelle Dinoire est toujours
hospitalisée. Elle suit une kinésithérapie pour retrouver la mobilité du
visage, la sensibilité revenant petit à petit.
Le Pr Dubernard a annoncé qu'il allait demander
au ministère de la Santé l'autorisation de pratiquer 5 nouvelles greffes
de visage. Cette demande, a précisé le Pr Devauchelle, est destinée "à
conforter la technique" et s'inscrit dans le cadre d'un projet de "recherche
clinique".
Libération revient sur la mise en scène
de cette conférence de presse qui accueillait une quinzaine de
télévisions étrangères et une centaine de journalistes. Bernard Zekri,
directeur de la rédaction d'i-télé qui retransmettait en direct la
conférence de presse comme LCI, reconnaît "une exploitation un peu
"business", une compétition médiatique entre toubibs". |