|
Un
projet de concordat entre le Saint-Siège et la Slovaquie devrait être
signé la semaine prochaine. Le "Traité
entre la République slovaque et le Saint-Siège sur le droit d'exercer
l'objection de conscience" réaffirme le droit universel à la vie et
à la dignité humaine. Cet accord protègerait le droit à tous d'exercer,
en toute liberté, une objection de conscience dans le respect de ces
valeurs universelles. Ainsi un médecin catholique aura le droit de
refuser de pratiquer des avortements, de faire de la procréation
médicalement assistée, d'expérimenter sur les embryons humains et les
cellules sexuelles humaines, d'euthanasier, de stériliser...
A l'instigation des groupes pro-avortement comme
le Centre de droits reproductifs, Catholics for Free Choice et la
Fédération Internationale pour la planification familiale, le réseau
d'experts de l'Union européenne sur les droits fondamentaux a rendu
public le 15 décembre dernier un
avis relatif au droit à l'objection de conscience religieuse dans les
concordats. Selon l'étude, qui relate essentiellement le projet de
concordat entre la République slovaque et le Saint-Siège, l'exercice du
droit à l'objection de conscience aurait un impact négatif sur ce que le
réseau d'experts nomme des "droits fondamentaux" (avortement, mariage
homosexuel, euthanasie et accès à la contraception). Cet avis est donc
défavorable au droit à l'objection de conscience.
Un membre de ce réseau, l'italien Bruno
Nascimbene, professeur de droit à l'Université de Milan, non catholique,
déplore l'avis rendu qu'il juge "injuste" et "insensé". D'une part, il
constate que les associations auditionnées promeuvent toutes
l'avortement, d'autre part il relève que beaucoup de pays membres de
l'Union ont déjà signé des concordats avec d'autres églises prévoyant
des clauses de conscience. Pour lui, la question de la séparation de
l'Eglise et de l'Etat ne relève pas des compétences de l'Union
européenne. |