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Le
Figaro publie un article sur l'évolution rapide du trafic d'êtres
humains. Cet "esclavage moderne" se manifeste par la prostitution
et la mendicité forcées, le trafic d'organes, le trafic de nourrissons
et de "mères porteuses"... (cf.
Synthèse de presse du 19/12/06).
Le quotidien
cite l'exemple du trafic d'organes aussi bien chez les adultes, prêts à
monnayer un rein pour payer leur dette, que chez les enfants. Dans les
Balkans, un réseau de trafic d'organes d'enfants a été mis à jour. En
Albanie, notamment, des enfants seraient abandonnés ou conçus en vue
d'être ensuite vendus. Un rapport secret de l'ambassade hellénique à
Tirana révèle "leur assassinat pour le commerce de leurs organes".
Certaines voix s'élèvent pour soutenir ce trafic d'organes et même
obtenir sa légalisation au motif qu'il répond à une demande et trouve
des clients. C'est le point de vue de ce cardiologue installé au cœur
d'Athènes, qui, d'après le journaliste, "ne voit pas pourquoi les
plus pauvres ne pourraient pas pourvoir à la santé des plus riches".
L'article cite
aussi les cas de parents qui vendent leurs enfants à des familles "en
mal d'enfants". En Grèce, où l'adoption privée est légale, des
"mères porteuses" ont été arrêtées.
Grigiris Lazos,
professeur de criminologie au Pantios d'Athènes, a enquêté pendant
plusieurs années dans le milieu de la prostitution en Grèce. "Il a
rencontré ceux qui savent et ferment les yeux, ceux qui se laissent
corrompre, ceux qui se battent mais avouent leur impuissance devant
l'ampleur du fléau". Les chiffres qu'il livre sont éloquents : en
1990, on comptait 2 100 personnes, y compris de jeunes enfants âgés de
10, 11, 12 ans, victimes de la traite à des fins d'exploitation sexuelle
; en 2002, on en comptait 17 200.
Les rapports
alarmistes du Parlement européen et les directives de la Commission de
Bruxelles se multiplient. Mais, au-delà des seules déclarations
d'intention, le Conseil de l'Europe souhaite que soit ratifiée au plus
vite la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains.
Entre 700 000
et 2 millions de personnes seraient touchées par ces trafics qui
rapporteraient 9,2 milliards d'euros, "ce qui en fait l'une des
activités les plus rentables du crime organisé". |