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Libération
publie, à propos du Téléthon, le courrier d'une lectrice souffrant d'un
handicap d'origine génétique, "considéré comme grave et très
invalidant". "Vingt ans que je supporte cet événement
national qui choque ma famille (...), la plupart de mes amis et un grand
nombre de personnes handicapées que je connais. Vingt ans que
j'évite de sortir ce weekend là pour échapper aux sourires de
compassion, aux regards de pitié", se révolte-t-elle.
Florence Michel
dénonce les découvertes, financées par le Téléthon, qui ont abouti à de
nouveaux diagnostics couplés aux interruptions médicales de grossesse (IMG),
à cause desquelles elle aurait pu ne pas naître. "Heureusement que je
suis de la génération "anté-Téléthon". Je l'ai échappé belle ! Je serais
née ? Non, justement je ne serais pas née !" s'exclame-t-elle.
Elle montre du
doigt l'utilisation des enfants handicapés "un jour par an pour faire
entrer un maximum d'argent". Elle s'insurge contre cette
surexposition médiatique. Elle reproche qu'on leur ait vendu une
guérison prochaine et de ce fait qu'on ait généré une "culpabilité de
leur différence", "au lieu de leur offrir une société qui les
accueille dignement". Pour elle, le Téléthon n'a pas fait évoluer
les mentalités, tant "le rejet, les préjugés, les discriminations"
demeurent au quotidien et sont source de souffrance.
"J'aime
ma vie. Je ne voudrais pas être quelqu'un d'autre. J'ai rencontré bien
des gens sans aucun handicap mais qui n'avaient aucune joie de vivre",
confie-telle. |