En
initiant un débat éthique à l'occasion du Téléthon, l'intervention
publique de l'Eglise sur des sujets qui touchent l'homme (recherche sur
l'embryon, tri embryonnaire) est un "évènement politique". Il a
sûrement fallu une certaine dose de courage aux évêques français pour
faire de nouveau entendre leur voix dans une société largement
déchristianisée et face à une manifestation aussi intouchable qu'est le
Téléthon.
L'Eglise a montré quelle
pouvait être "signe de contradiction" et ce, en rappelant
simplement la doctrine de l'Eglise sur la recherche scientifique.
L'Eglise "respecte et soutient la recherche scientifique lorsqu'elle
conserve une orientation authentiquement humaine, en se gardant de toute
forme d'instrumentalisation ou de destruction de l'être humain et en
conservant son indépendance vis-à-vis des intérêts politiques et
économiques".
Mgr Vingt-Trois
rappelle : "Nous ne revendiquons rien pour l'Eglise. Nous posons des
questions qui concernent l'avenir de l'humanité". D'ailleurs,
Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'université Paris XI,
montre que ces positions "ne sont pas limitées à des convictions
religieuses" et que de nombreux scientifiques et médecins "ont
tiré la sonnette d'alarme" depuis longtemps.
Les prises de
position des évêques sur des sujets de société sont, en France,
inhabituelles. Mais les évènements récents font pressentir le "retour
d'une parole catholique sur la scène publique". Mgr Vingt-Trois en
donne peut-être l'explication dans cette interrogation : "oserais-je
dire que je m'interroge souvent devant Dieu sur les silences dont on
pourra nous accuser dans quelques décennies ou siècles ? Quand je dis
"nous", je ne pense pas seulement aux intellectuels éclairés dont les
opinions ont si souvent suivi "le politiquement correct" ou le
médiatiquement correct. Je pense à nous chrétiens et, premièrement, à
nous évêques qui avons reçu mission de guider le peuple chrétien." |