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Synthèse de presse bioéthique du lundi 11/12/06

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Le Téléthon est-il sacré ?

Dans un article publié sur libertepolitique.com, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, revient sur le rapport Claeys qui recommande la levée du cadre dérogatoire de la recherche sur les cellules souches embryonnaires et la légalisation du clonage dit thérapeutique (cf. revue de presse du 07/12/06). Jean-Marie Le Méné montre que "l’AFM a pesé d’un poids très important dans les recommandations présentées". Sur les 12 personnes auditionnées en audition privée pour ce rapport, sept relèvent de l'Etat et sur les cinq autres quatre sont de l'AFM : sa présidente, la directrice du Généthon, deux responsables d'I-Stem (1er laboratoire en France à faire de la recherche sur l'embryon). Pour Jean-Marie Le Méné cela confirme que "la loi de bioéthique de 2004 n’est en rien une sécurité, que la demande de transgression est appuyée par ceux-là mêmes qui demandent qu’on leur fasse confiance et que le débat n’est ouvert qu’à ceux qui soutiennent aveuglement l’évolution de la loi mais pas à ceux qui posent des questions". D'ailleurs, à ceux qui font des constats factuels, on préfère ne pas répondre sur le fond mais les discréditer et les diaboliser.

A ceux qui reprochent l'absence de dialogue, Jean-Marie Le Méné rappelle qu'il n'a pas "attendu le journal La Croix ni Mgr Dubost pour ouvrir un dialogue avec les dirigeants de l’AFM sur des questions éthiques". Il a lui-même rencontré les responsables de l'AFM, alors Bernard Barataud puis Eric Molinié, et regrette aujourd'hui "la radicalité des positions de l’AFM".

A ceux qui minimisent le problème en affirmant que seulement 2% de l'argent du Téléthon va à la recherche sur l'embryon, Jean-Marie Le Méné répond : "la belle affaire ! La peine de mort ne coûtait pas bien cher non plus en 1981. Et pourtant, on en a discuté et on l’a abolie. Pour une question de principe."

Jean-Marie Le Méné revient sur l'intervention du député PS Manuel Valls qui s'est indigné à l'Assemblée nationale "qu'on porte atteinte à la laïcité", suite aux interventions de l'Eglise sur la recherche sur l'embryon et le Téléthon. Jean-Marie Le Méné souligne un "double paradoxe intéressant" :
-d'un côté, "le bloc Etat/Téléthon" qui entretient une "sorte de liturgie compassionnelle" (vous n'avez pas souffert..), "alimente des fantasmes" (le clonage ... thérapeutique) et "interdit l'esprit critique" (notamment sur les thérapies cellulaires alternatives).
- de l'autre, l'Eglise "émet des doutes", "pose des questions", "évoque des évidences biologiques" et "ramène à la raison".

Ainsi la société civile semble "sombrer dans l’irrationnel en sacralisant la techno-science" et l’Église en appelle "à la raison, à l’intelligence, à l’observation scientifique, à l’objectivité et à la compassion pour dire que recherche et médecine doivent être humaines".

Pour Jean-Marie Le Méné "dans ce débat, seule l’Église est vraiment laïque car elle seule refuse l’archaïsme de la sacralisation du profane — qui est la vraie menace — et elle seule réserve le sacré à ce qui doit l’être : l’homme de ses premiers instants à son dernier souffle".

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Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

libertepolitique.com 11/12/06

 

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