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Dans un article publié sur
libertepolitique.com, Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation
Jérôme Lejeune, revient sur le rapport Claeys qui recommande la levée du
cadre dérogatoire de la recherche sur les cellules souches embryonnaires
et la légalisation du clonage dit thérapeutique (cf.
revue de presse du 07/12/06). Jean-Marie Le Méné montre que
"l’AFM a pesé d’un poids très important dans les recommandations
présentées". Sur
les 12 personnes auditionnées en audition privée pour ce rapport, sept relèvent de l'Etat
et sur les cinq autres quatre sont de l'AFM : sa présidente, la directrice
du Généthon, deux responsables d'I-Stem (1er laboratoire en France à
faire de la recherche sur l'embryon). Pour Jean-Marie Le Méné cela
confirme que "la loi de
bioéthique de 2004 n’est en rien une sécurité, que la demande de
transgression est appuyée par ceux-là mêmes qui demandent qu’on leur
fasse confiance et que le débat n’est ouvert qu’à ceux qui soutiennent
aveuglement l’évolution de la loi mais pas à ceux qui posent des
questions". D'ailleurs, à
ceux qui font des constats factuels, on préfère ne pas répondre sur le
fond mais les discréditer et les diaboliser.
A ceux qui reprochent l'absence
de dialogue, Jean-Marie Le Méné rappelle qu'il n'a pas "attendu le
journal La Croix ni Mgr Dubost pour ouvrir un dialogue avec les
dirigeants de l’AFM sur des questions éthiques".
Il a
lui-même rencontré les responsables de l'AFM, alors Bernard Barataud
puis Eric Molinié, et regrette aujourd'hui "la radicalité des
positions de l’AFM".
A ceux qui minimisent le
problème en affirmant que seulement 2% de l'argent du Téléthon va à la
recherche sur l'embryon, Jean-Marie Le Méné répond : "la belle
affaire ! La peine de mort ne coûtait pas bien cher non plus en 1981. Et
pourtant, on en a discuté et on l’a abolie. Pour une question de
principe."
Jean-Marie Le Méné revient sur
l'intervention du député PS Manuel Valls qui s'est indigné à l'Assemblée
nationale "qu'on porte atteinte à la laïcité", suite aux
interventions de l'Eglise sur la recherche sur l'embryon et le Téléthon.
Jean-Marie Le Méné souligne un "double paradoxe intéressant" :
-d'un côté, "le bloc Etat/Téléthon" qui entretient une "sorte de
liturgie compassionnelle" (vous n'avez pas souffert..), "alimente
des fantasmes" (le clonage ... thérapeutique) et "interdit
l'esprit critique" (notamment sur les thérapies cellulaires
alternatives).
- de l'autre, l'Eglise "émet des doutes", "pose des questions",
"évoque des évidences biologiques" et "ramène à la raison".
Ainsi la société civile semble
"sombrer dans l’irrationnel en sacralisant la techno-science" et
l’Église en appelle "à la raison, à l’intelligence, à l’observation
scientifique, à l’objectivité et à la compassion pour dire que
recherche et médecine doivent être humaines".
Pour Jean-Marie Le Méné "dans ce
débat, seule l’Église est vraiment laïque car elle seule refuse
l’archaïsme de la sacralisation du profane — qui est la vraie menace —
et elle seule réserve le sacré à ce qui doit l’être : l’homme de ses
premiers instants à son dernier souffle". |